Lutte contre la pollution plastique : le Parlement togolais s’arme pour mieux légiférer

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Par René DOKOU, le 04 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Lomé s’est transformée, du 2 au 3 octobre 2026, en tribune de réflexion sur l’un des fléaux environnementaux les plus tenaces de l’époque. À l’initiative de l’Assemblée nationale et avec le soutien de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), un séminaire est consacré au corpus législatif sur la pollution plastique. La cérémonie d’ouverture a eu lieu ce vendredi, sous la présidence du Professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale.

Une alliance d’acteurs autour d’une même table

Pendant deux jours, les débats rassemblent des députés et des sénateurs, des maires, des experts en environnement et en gestion des déchets, des représentants d’organisations non gouvernementales et des acteurs de la société civile. Cette diversité de profils traduit une conviction : le problème dépasse le seul cadre de l’hémicycle.

Le Togo face à un défi persistant

Le plastique pèse lourd sur l’environnement de plusieurs pays, dont le Togo. Son accumulation et sa gestion défaillante abîment les sols, souillent les cours d’eau et dégradent le littoral.

Le pays n’est pourtant pas démuni sur le plan juridique, puisqu’il dispose depuis 2011 d’un dispositif législatif sur le sujet. Mais le texte se heurte à des obstacles : son application concrète sur le terrain, le traitement des déchets collectés et son adaptation aux formes nouvelles de pollution restent problématiques. D’où la nécessité de solutions mieux calibrées.

Armer les élus pour mieux légiférer

Le séminaire vise d’abord à renforcer les compétences des parlementaires togolais, afin qu’ils puissent bâtir un cadre juridique ajusté aux réalités. Il s’inscrit ainsi dans une double ambition : protéger l’environnement et contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Concrètement, les organisateurs poursuivent trois buts. Ils entendent présenter aux participants les meilleures pratiques et les législations de référence en matière de gestion des déchets plastiques. Ils souhaitent aussi examiner avec eux les difficultés et les opportunités liées à l’application des lois en vigueur. Ils comptent enfin formuler des recommandations pour des politiques publiques efficaces.

Le programme est dense. Les participants seront familiarisés avec les données scientifiques sur la pollution plastique, le calendrier du Traité mondial sur ce sujet, porté par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), et les répercussions du phénomène à l’échelle régionale. Ils découvriront également des expériences de terrain à Lomé et dans les régions, les projets d’appui déjà engagés et les leçons tirées de la mise en œuvre du décret de 2011.

« Légiférer avec justesse »

Pour N’Ladon Nadjo, président de la commission de l’environnement et des changements climatiques, le législateur ne peut répondre aux défis de son temps sans connaissances, outils et expériences adaptés. Il a présenté ces deux journées comme un espace pour confronter les pratiques et repérer les freins.

« Ces deux journées nous offrent l’occasion de confronter les expériences, d’identifier les obstacles et de dégager des pistes concrètes : réduire les déchets à la source, améliorer leur collecte, encourager leur valorisation et accompagner les changements de pratiques », a-t-il déclaré.

Des chiffres qui alertent

Représentant la représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Togo, Bakary Junior Bamba a rappelé l’ampleur du phénomène et invité les parlementaires à devenir les chevilles ouvrières d’une réponse adaptée.

« En 2024, plus de 500 millions de tonnes de plastique ont été consommées dans le monde, dont près de 400 millions de tonnes destinées à devenir rapidement des déchets. Sans action urgente, les déchets plastiques pourraient presque tripler d’ici 2060. La lutte ne relève pas seulement de la gestion des déchets : elle implique la production et la consommation, la responsabilité des producteurs, les collectivités et les citoyens, ainsi que le rôle de la loi », a-t-il affirmé.

Un pays souvent cité en modèle

Secrétaire générale parlementaire de l’APF, Amélia Lakrafi a jugé particulièrement symbolique le choix du Togo pour accueillir la rencontre. Elle a rappelé que le pays est fréquemment cité en exemple pour son appropriation des corpus législatifs de l’organisation. Il a notamment été le premier à adopter, en 2025, une loi sur le climat inspirée de ces référentiels, preuve de sa volonté de consolider son arsenal juridique face aux défis climatiques.

Chacun son rôle dans la chaîne

Dans son discours d’ouverture, le Professeur Komi Selom Klassou a exprimé sa profonde gratitude à l’APF et à l’OIF pour leur accompagnement dans la réflexion sur un problème préoccupant, qui n’épargne aucune région du monde.

Pour lui, la riposte suppose une action coordonnée : « En vue de juguler ce fléau qu’est la pollution plastique, les représentants du peuple et ceux des territoires, les pouvoirs publics et les organisations de la société civile doivent travailler de concert. Car lorsque l’État oriente, il revient au Parlement, dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles, d’établir la cohérence, la permanence et l’autorité de la loi. Dans cette chaîne, les collectivités territoriales, quant à elles, organisent, les entreprises innovent et les citoyens agissent. »

Des recommandations attendues

À l’issue des travaux, les recommandations formulées devraient nourrir le renforcement du cadre législatif togolais et guider les actions futures pour une meilleure gestion des déchets plastiques. L’enjeu est d’obtenir une réponse plus cohérente et plus durable face aux effets de cette pollution sur l’environnement et sur les populations.

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