Par René DOKOU, le 15 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La Fédération nationale des coopératives et productrices d’ananas tire la sonnette d’alarme. Elle presse les pouvoirs publics de renforcer leur accompagnement d’un secteur qu’elle juge fragilisé par plusieurs obstacles structurels : charges d’exploitation élevées, financement difficile d’accès, pénurie de main-d’œuvre et débouchés insuffisants.
Des récoltes qui pourrissent dans les champs
Le paradoxe est cruel. Après des mois d’efforts, une partie de la production ne trouve pas preneur. Faute d’acheteurs ou de marchés offrant des prix rémunérateurs, des fruits arrivés à maturité se perdent dans les parcelles. Pour les exploitants, ces pertes réduisent d’autant des marges déjà étroites.
Un investissement lourd, un retour tardif
La culture de l’ananas exige une mise de fonds considérable. Selon la Fédération, un producteur doit réunir au moins 6 millions de francs CFA pour mettre en valeur un hectare. Cet argent reste immobilisé pendant un cycle de 18 à 24 mois avant que la récolte ne génère des revenus. Une attente longue, qui expose les planteurs à de forts risques financiers.
Un crédit jugé trop coûteux
Pour boucler leur budget, de nombreux producteurs se tournent vers l’emprunt. Or les taux pratiqués, compris entre 12 et 18 %, sont perçus comme excessifs au regard de la durée du cycle de production et des aléas de la commercialisation. Cette charge financière pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations.
Un appel à des solutions sur mesure
Face à ce constat, le président de la Fédération, Osseyi Bonsou Abe, plaide pour des réponses adaptées aux réalités du secteur. « Nous avons besoin d’une solution adaptée à notre filière. Nous encourageons l’État à nous aider », a-t-il déclaré.
Financement accessible, structuration des circuits de vente et appui à la main-d’œuvre : les producteurs attendent désormais des signaux concrets des autorités pour sécuriser leurs investissements et valoriser leurs récoltes.
















