Tevez, Agüero, De Bruyne : les transferts qui ont fait City, le verdict qui les rattrape

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Par René DOKOU, le 04 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le verdict financier rendu contre Manchester City dépasse le cadre du litige. Il projette une lumière crue sur la décennie qui a fait d’un prétendant ambitieux le maître du football anglais. Entre 2009 et 2018, les Citizens ont investi plus de 1,2 milliard de livres, soit environ 1,4 milliard d’euros, sur le marché des transferts.

Une condamnation presque totale

Le club a été reconnu coupable de 114 des 115 infractions qui lui étaient reprochées. Ces manquements financiers couvrent précisément les saisons durant lesquelles l’effectif a été reconstruit de fond en comble. Neuf années de recrutement intensif sont ainsi passées au crible, de l’arrivée des premières stars à l’éclosion d’une équipe de légende.

Une nuance s’impose toutefois. La décision ne permet pas de rattacher un transfert précis à une infraction donnée. Chaque joueur recruté durant cette période ne saurait donc être associé automatiquement aux irrégularités sanctionnées. C’est la chronologie qui intrigue, pas le dossier individuel des recrues.

Une promesse qui résonne aujourd’hui

Lorsque les soupçons sur les comptes du club ont commencé à s’accumuler, Pep Guardiola avait pris un engagement sans ambiguïté : il quitterait immédiatement City s’il apprenait que ses dirigeants lui avaient menti. Cette déclaration, faite à une époque où les accusations se multipliaient, reprend une saveur particulière à l’heure du verdict.

L’ère Guardiola : la deuxième vague de recrues

La seconde phase du projet a posé les fondations de la dynastie. Fernandinho s’est imposé comme un pilier du milieu de terrain. En 2015, Kevin De Bruyne et Raheem Sterling ont rejoint le club. Le Belge est alors devenu le transfert le plus coûteux de l’histoire de City et s’est vite installé parmi les hommes forts du collectif.

L’arrivée de Guardiola, en 2016, a accéléré la mutation. Le technicien catalan a reçu les moyens de façonner son groupe : John Stones, Ilkay Gündogan et Gabriel Jesus ont d’abord débarqué. Bernardo Silva, Ederson, Kyle Walker et Aymeric Laporte leur ont succédé. Cette vague de renforts a structuré l’équipe durant de longues saisons.

Sur la pelouse, le résultat a été spectaculaire. L’ossature ainsi constituée a atteint les 100 points en Premier League en 2017-2018. City a ensuite régné durablement sur le football anglais, avant de décrocher sa première Ligue des champions en 2023.

Aux origines : Tevez, Agüero et la naissance d’un géant

Tout a réellement commencé en 2009 avec Carlos Tevez. Ancien joueur de Manchester United, l’attaquant argentin est vite devenu l’un des visages du nouveau projet. Il a inscrit 74 buts en 148 rencontres et a accompagné les premiers succès de cette ère inédite.

Dans son sillage sont arrivés Yaya Touré, David Silva, Edin Dzeko et Mario Balotelli. Pas à pas, City a bâti un groupe capable de défier les puissances historiques du championnat.

En 2011, un autre Argentin a rejoint Manchester : Sergio Agüero. Il est devenu le meilleur buteur de l’histoire du club, avec 260 réalisations toutes compétitions confondues. Son but face à QPR, en mai 2012, a offert à City sa première Premier League. Ce moment demeure l’un des fondements de l’histoire moderne du club.

Un rythme d’investissement jamais ralenti

Le premier titre n’a pas calmé les ambitions. Manchester City a poursuivi le remodelage de son effectif pour s’ancrer durablement parmi les références du football anglais et européen. La logique était claire : transformer un coup d’éclat en domination installée.

Une période charnière au cœur du verdict

Le jugement actuel n’établit aucun lien individuel entre ces transferts et les infractions retenues. Il confère néanmoins à cette séquence une portée historique nouvelle. Les neuf années désormais examinées sont exactement celles durant lesquelles Manchester City, à coups de dépenses massives, est passé du rang de challenger à celui de puissance dominante.

Entre la gloire sportive et les manquements financiers, le club doit désormais composer avec un héritage double. Les trophées, les records et les joueurs de légende sont des réalités sportives incontestables. L’ombre du verdict, elle, plane sur la période qui les a rendus possibles.

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