Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Lomé accueille du 29 septembre au 1er octobre 2026 la première session de la Commission intergouvernementale chargée du suivi et du développement de la coopération entre le Togo et la Russie. Les deux capitales cherchent à consolider leurs acquis, à repérer de nouveaux champs de collaboration et à faire avancer des projets alignés sur les priorités de développement togolaises
Un mécanisme pour donner de la continuité
Cette commission installe entre les deux pays un espace régulier de dialogue, de concertation et de suivi. Elle permet de passer en revue les engagements souscrits, de mesurer les progrès réalisés et de tracer de nouvelles perspectives. Les échanges entre Lomé et Moscou gagnent ainsi en lisibilité et en constance, dans une démarche structurée et tournée vers des résultats tangibles.
L’enjeu dépasse la seule tenue de cette première session. Il s’agit de doter la coopération d’un cadre de travail qui garantisse la permanence du dialogue, le suivi des engagements et l’évaluation des résultats. La commission est appelée à jouer le rôle d’instrument de coordination et à mettre en cohérence les initiatives déjà lancées de part et d’autre.
Des secteurs variés à l’ordre du jour
Les discussions embrassent l’éducation, la science et la technologie, la diplomatie académique, l’industrie et les mines, l’énergie, le nucléaire civil et les hydrocarbures. Cet éventail traduit l’attention portée à la formation des compétences, au renforcement des capacités scientifiques et technologiques, à la valorisation des ressources nationales, ainsi qu’à la consolidation des infrastructures et des capacités énergétiques.
La formation, premier moteur de la coopération
C’est dans l’éducation et la formation scientifique que les avancées sont les plus visibles. Le quota annuel de bourses scientifiques offertes au Togo est passé de 86 en 2024 à 250. Quarante et un ingénieurs-formateurs doivent par ailleurs suivre une formation au Tatarstan. Sur le plan universitaire, des partenariats ont été noués avec trois établissements russes, et une convention-cadre a été signée avec le Centre de diplomatie publique. Les chercheurs togolais doivent, en outre, pouvoir accéder au synchrotron SKIF, ce qui ouvre de nouvelles voies pour la recherche et la montée en compétences.
Pour Lomé, le capital humain est au cœur de ce partenariat. Former des ingénieurs, des chercheurs, des enseignants et des techniciens doit renforcer les capacités nationales et accompagner les mutations de l’économie togolaise. Les échanges universitaires et scientifiques sont ainsi perçus comme un investissement dans la capacité du pays à répondre à ses besoins futurs.
Mines et industrie : expertise et transfert de savoir-faire
Dans les mines et l’industrie, les échanges portent sur l’expertise géologique, les technologies et le transfert de savoir-faire. L’objectif est d’étoffer les capacités nationales et de favoriser une meilleure valorisation des ressources, grâce aux compétences requises à chaque étape de la chaîne de valeur.
Énergie et hydrocarbures : accès, approvisionnement, logistique
L’énergie compte parmi les axes majeurs du dialogue. Les partenaires explorent des possibilités de coopération en matière d’accès à l’électricité et de sécurité d’approvisionnement. Pour les hydrocarbures, les discussions concernent l’approvisionnement, le stockage et les défis logistiques, en tenant compte des capacités du port de Lomé et de la vocation du Togo de plateforme d’échanges pour la sous-région.
Nucléaire civil : priorité à la formation et à la recherche
Le nucléaire civil constitue un autre volet, centré sur la formation, la recherche et les applications médicales et agricoles. L’approche vise d’abord le développement des compétences et l’accès au savoir scientifique et technologique dans un domaine de haute technicité. Elle respecte les engagements internationaux du Togo ainsi que les normes applicables en matière de sûreté et de sécurité.
Une portée sous-régionale
La coopération a aussi une dimension régionale. Grâce à sa position géographique et à ses infrastructures portuaires et logistiques, le Togo occupe une place importante dans les flux entre le Golfe de Guinée et les pays de l’hinterland ouest-africain, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Le renforcement des compétences et des capacités industrielles, scientifiques et logistiques peut consolider cette vocation de plateforme régionale.
Une diplomatie de diversification
Ce rapprochement s’inscrit dans la politique de diversification des partenariats menée par le Togo. Le pays entretient et développe parallèlement des relations avec des partenaires européens, africains, asiatiques, arabes et d’autres régions. Cette stratégie vise à multiplier les options de coopération et à mobiliser, selon les priorités nationales, compétences, technologies et investissements auprès de différents acteurs.
Dans un contexte international en pleine évolution, Lomé entend préserver ses intérêts nationaux, honorer ses engagements internationaux et veiller à la conformité des coopérations avec le cadre juridique en vigueur.
Sécurité, défense et financement : des limites clairement posées
Les questions de sécurité et de défense relèvent de cadres de coopération distincts. La commission se consacre pour l’essentiel aux domaines économique, scientifique, technologique et énergétique inscrits à son ordre du jour.
Le financement suit la même logique d’encadrement. Les résultats obtenus en matière de bourses, de formation et de coopération scientifique forment une première base. Les projets à venir devront être définis dans des accords spécifiques et soumis aux procédures nationales applicables, notamment budgétaires et institutionnelles. Les éventuels projets issus des travaux feront ainsi l’objet d’accords propres et des procédures prévues par la législation togolaise.
Vers des résultats mesurables
Pour Lomé comme pour Moscou, la session du 29 septembre au 1er octobre marque une étape structurante. Elle doit permettre de consolider les acquis, d’approfondir les échanges et d’ouvrir des perspectives dans des secteurs jugés prioritaires pour le développement du Togo. C’est la mise en œuvre de ses conclusions, dans les prochains mois, qui permettra de mesurer concrètement la portée de cette nouvelle étape.
















