Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Présenté à la mission économique russe, ce projet de laboratoire d’innovation et de formation vise à offrir aux jeunes entrepreneurs agricoles un espace d’expérimentation, de recherche appliquée et de mise en réseau avec des investisseurs.
Parmi les projets soumis par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) aux opérateurs russes en visite à Lomé figure l’AgriTech d’Agbelouvé. Son président l’a présenté comme un concept élaboré par la Chambre, pour créer « un pôle à la croisée de l’agriculture et de la technologie ».
Un laboratoire pour les jeunes agriculteurs
Le projet se veut un laboratoire d’innovation et de formation consacré à l’agriculture intelligente. La CCI-Togo entend y offrir aux jeunes entrepreneurs agricoles un espace d’expérimentation, de recherche appliquée, de formation et de mise en relation avec des investisseurs. Le président de la CCI a résumé l’objectif : « produire davantage, produire mieux et produire avec moins de vulnérabilité face aux changements climatiques ».
Le pôle pourrait intégrer plusieurs briques : la mécanisation, l’irrigation intelligente, la digitalisation, l’expérimentation variétale, le stockage, la transformation et des solutions de suivi des exploitations.
Un modèle inspiré des expériences internationales
Pour justifier sa démarche, le président de la CCI-Togo a cité des expériences internationales récentes qui montrent l’intérêt de plateformes rapprochant agriculteurs, innovateurs, start-up, centres de recherche et investisseurs. Il a rappelé que la Banque mondiale et la FAO soulignent le rôle des technologies agricoles intelligentes, des services numériques et de l’innovation dans l’amélioration de la productivité et de la résilience climatique.
Il a aussi évoqué les programmes récents soutenus par la Banque mondiale, qui mettent l’accent sur la mécanisation, l’accès aux marchés, les technologies agricoles adaptées au climat et l’investissement privé. Ils visent notamment à faire du Togo une plateforme régionale dans l’agrobusiness.
Une opportunité de coopération technologique
La CCI-Togo voit dans l’AgriTech « une possibilité concrète de coopération technologique et d’investissement avec des partenaires russes ». Le projet s’inscrit dans l’un des domaines de coopération cités par le président de la Chambre : l’agriculture et l’agro-industrie, à côté des mines, de l’énergie, des infrastructures, du numérique et de la formation professionnelle.
Le Togo revendique un potentiel important dans les chaînes de valeur agricoles et agro-industrielles. La Plateforme industrielle d’Adétikopé, qui compte plus d’une vingtaine d’unités installées ou en cours d’installation, notamment dans l’agro-industrie et la logistique, en est l’une des illustrations avancées par la Chambre. Les entreprises agréées y ont investi environ 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour près de 5 500 emplois créés, selon les données du Gouvernement.
Un intérêt affiché côté russe
Au nom de la délégation russe, son chef, Maxim Petrov, a indiqué que les membres de la mission présenteraient des opportunités dans l’agriculture, les technologies innovantes, l’énergie et d’autres secteurs. Il a défendu une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé, avec une formule résumant sa démarche : « Nous ne sommes pas là pour vous donner du poisson. Nous sommes là pour vous apprendre à pêcher. »
Ce positionnement rejoint l’attente exprimée par la CCI-Togo, qui dit rechercher non seulement des financements, mais aussi « des compétences, des technologies, des équipements, des modèles d’exploitation, des partenariats industriels et des engagements de long terme ».
Un engagement à préciser
À ce stade, le discours ne détaille ni le calendrier ni le montant du projet, pas plus que la forme que pourrait prendre le partenariat. Le président de la CCI-Togo a invité les entrepreneurs russes à examiner les infrastructures, à rencontrer les entreprises togolaises et à identifier les secteurs où les intérêts convergent. La rencontre B2B prévue à Lomé et la première session de la Commission mixte, jusqu’au 1er octobre, diront si l’AgriTech d’Agbelouvé franchit le cap de l’idée au projet partagé.
















