Par René DOKOU, le 02 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Sénat a rouvert ses portes jeudi 1er octobre 2026 à Lomé pour sa deuxième session ordinaire de l’année. Cette ouverture respecte l’article 12, alinéa 2, de la Constitution de la Ve République. Pendant plusieurs semaines, la seconde chambre du Parlement va se concentrer sur un seul dossier : le projet de loi de finances pour la gestion 2027.
Une cérémonie réunissant les principales institutions
La séance solennelle était présidée par Barry Moussa Barqué, président du Sénat. Le président de l’Assemblée nationale, le Pr Komi Selom Klassou, a pris part à la cérémonie, ce qui illustre la volonté de dialogue entre les deux chambres. Le ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Gilbert Bawara, était lui aussi présent, ainsi que d’autres membres du gouvernement et des membres du Bureau de l’Assemblée nationale.
Cette assistance de haut niveau donne à la reprise des travaux une portée institutionnelle certaine. Elle rappelle que le vote du budget engage l’ensemble des pouvoirs publics, et pas seulement les sénateurs.
Le budget 2027 au cœur de l’agenda
Cette session sera principalement consacrée à l’examen du projet de loi de finances 2027, qui constitue le grand rendez-vous de l’automne parlementaire. Le président du Sénat a d’emblée situé ce travail dans le cadre de la feuille de route gouvernementale 2026-2031. Il l’a relié à l’ambition du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui s’articule autour de trois priorités : protéger, rassembler et transformer.
M. Barqué a décliné ces trois axes en objectifs budgétaires précis. Le budget devra d’abord protéger les plus vulnérables. Il devra ensuite renforcer la cohésion entre les territoires. Il devra enfin accompagner la transformation de secteurs jugés essentiels : l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et l’administration.
Une méthode en trois temps
Pour que ces ambitions se traduisent dans les faits, le président du Sénat a résumé sa démarche en une formule : « Notre méthode est de veiller que ce qui est prioritaire soit financé. Ce qui est financé soit exécuté. Ce qui est exécuté soit évalué ».
Cette phrase dessine une chaîne complète : on choisit d’abord les priorités, on mobilise ensuite les ressources, puis on vérifie les résultats. Elle met ainsi l’accent sur l’exécution et sur l’évaluation, deux étapes que les débats budgétaires laissent souvent au second plan.
Les territoires et l’action publique au centre du rôle sénatorial
Dans son allocution d’ouverture, le président du Sénat a commencé par souhaiter une cordiale rentrée parlementaire aux sénateurs. Il a ensuite rappelé la mission propre de la haute assemblée : relayer les préoccupations des territoires et contribuer à améliorer l’action publique. Cette fonction de représentation locale distingue le Sénat de l’Assemblée nationale et donne tout son sens à l’examen d’un budget qui touche directement la vie quotidienne des populations.
M. Barqué a aussi souligné la place particulière du Sénat dans le fonctionnement du régime parlementaire. Il a par ailleurs invité ses pairs à faire de la session un moment de maturité démocratique, en privilégiant des débats exigeants menés dans un esprit de fraternité.
Le bicamérisme comme gage d’efficacité
Le dialogue avec l’Assemblée nationale a occupé une place centrale dans le discours. Le président du Sénat a plaidé pour un travail concerté entre les deux chambres. Il a lancé à ce propos : « Ensemble, faisons du bicamérisme le lieu où la parole législative gagne en efficacité, en équilibre et en sagesse ».
Cet appel prend un relief particulier en présence du président de l’Assemblée nationale. Il traduit la conviction que la qualité de la loi dépend de la complémentarité entre les deux chambres, chacune apportant son regard et son expérience.
Assiduité et disponibilité exigées
Sur un plan plus pratique, M. Barqué a demandé aux commissions de se montrer disponibles et aux sénateurs d’être assidus tout au long de cette session budgétaire. Cet appel à la présence a son importance. Les commissions assurent l’essentiel du travail d’analyse des textes, et l’examen d’une loi de finances exige un suivi rigoureux, ligne après ligne.
Servir l’intérêt général
En ouvrant les travaux, le président du Sénat a insisté sur l’objectif final de la session : un temps de travail au service de l’intérêt général. Il souhaite que les décisions prises débouchent sur une action publique plus efficace et sur des progrès concrets dans la vie des populations. Il a clos son propos par une formule en forme de vœu : « Que nos débats soient élevés ; que nos choix soient justes ; que nos décisions soient utiles ».
Des travaux qui s’engagent
Avec cette ouverture, le Sénat entame un nouveau cycle de travaux parlementaires. L’examen du projet de loi de finances pour la gestion 2027 en constituera le fil conducteur. Les sénateurs devront se prononcer sur un budget qui doit, selon les orientations rappelées jeudi, protéger, rassembler et transformer. Les semaines à venir diront comment ces trois mots d’ordre se traduiront dans les débats, dans les arbitrages et, in fine, dans les choix financiers de l’État pour 2027.
















