Par René DOKOU, le 1er Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Présenté à la mission économique russe, ce centre de formation professionnelle veut former des techniciens immédiatement opérationnels pour l’industrie. Son centre de mécanique automobile est pratiquement achevé.
Former des techniciens capables de travailler dès leur sortie de l’école : c’est l’ambition de l’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé, que la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a présentée aux opérateurs russes reçus à Lomé. Son président en a fait le premier des projets soumis à d’éventuels partenaires de la Fédération de Russie.
Une formation calquée sur les besoins de l’industrie
L’Académie est conçue comme un espace de formation professionnelle répondant « aux besoins concrets de l’industrie et des entreprises ». Elle est implantée à Adétikopé, où se trouve la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), qui couvre environ 410 hectares et compte plus d’une vingtaine d’unités industrielles installées ou en cours d’installation, notamment dans l’agro-industrie et la logistique.
Selon les données présentées par le Gouvernement, les entreprises agréées sur la plateforme y ont investi environ 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour près de 5 500 emplois créés. C’est dans ce tissu industriel en construction que la CCI veut former une main-d’œuvre qualifiée.
Un premier centre presque prêt
Le centre de mécanique automobile de l’Académie est, selon le président de la CCI-Togo, pratiquement achevé. La Chambre souhaite désormais « aller plus loin » et recherche des partenaires capables de l’accompagner sur trois terrains : le renforcement de l’équipement des ateliers, le transfert de technologies et, « pourquoi pas », l’établissement de partenariats durables entre ses centres de formation et des institutions ou entreprises russes.
Des métiers techniques ciblés
Les domaines visés sont la mécanique, la maintenance, les équipements industriels et, plus largement, les métiers techniques. L’objectif affiché est clair : former « non seulement des demandeurs d’emploi, mais des techniciens immédiatement opérationnels pour l’industrie africaine de demain ».
Ce positionnement répond à un besoin que le président de la CCI-Togo a exprimé de façon plus générale devant la délégation. Le Togo ne cherche pas uniquement des financements, a-t-il dit, mais aussi des compétences, des technologies, des équipements, des modèles d’exploitation, des partenariats industriels et des engagements de long terme. Parmi les domaines de coopération cités figurent expressément la formation professionnelle et le développement des compétences.
Une attente qui rejoint la position russe
Au nom de la délégation russe, son chef, Maxim Petrov, a défendu une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé. Selon lui, la représentation commerciale russe, active depuis trois ans, a fait ses preuves au Nigeria et souhaite transposer cette expérience au Togo, avec les adaptations nécessaires. Il a résumé sa démarche par une formule : « Nous ne sommes pas là pour vous donner du poisson. Nous sommes là pour vous apprendre à pêcher. »
Cette philosophie du transfert de savoir-faire correspond à ce que recherche la CCI-Togo pour son Académie, où l’équipement des ateliers et la formation des formateurs seraient les premiers chantiers d’un éventuel partenariat.
Des contours encore à préciser
À ce stade, le discours ne donne ni le montant des besoins en équipement, ni le calendrier d’ouverture des filières, ni la forme que pourrait prendre la coopération avec des établissements russes. La Chambre propose par ailleurs, dans le cadre de la première session de la Commission intergouvernementale, l’examen d’un accord avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Fédération de Russie, qui pourrait porter sur la formation, l’innovation et le transfert de technologies.
La commission se poursuit jusqu’au 1er octobre. Elle dira si l’Académie d’Adétikopé trouve parmi les entreprises russes les partenaires qu’elle recherche pour passer du premier centre presque achevé à une offre complète de formation.
















