Togo : recul dans la mise en œuvre des réformes UEMOA en 2025

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Par René DOKOU, le 13 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo a enregistré en 2025 un taux de mise en œuvre de 68,7 % des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce chiffre, communiqué par la Commission de l’organisation lors de la 11ᵉ revue annuelle des réformes communautaires tenue le 11 mai 2026 à Lomé, marque un recul notable par rapport aux 77,9 % atteints en 2024.

Une performance en baisse

La baisse est de 9,21 points de pourcentage, traduisant une perte de dynamisme dans l’application des décisions communautaires.

Une évaluation élargie

L’édition 2025 de la revue a porté sur 145 réformes ainsi que sur trois programmes et projets communautaires. L’évaluation, conduite en novembre dernier par la Commission de l’UEMOA, a mis en évidence des retards dans plusieurs secteurs clés. En particulier, la non-transposition de la directive relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux a pesé sur les résultats. Les domaines de l’agriculture, de la culture et de l’artisanat ont été les plus affectés par cette contre-performance.

Un signal d’alerte

Pour Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, ce recul doit être interprété comme « un signal d’alerte ». Selon lui, il appelle à une mobilisation plus intense et à une meilleure coordination entre les parties prenantes nationales et communautaires. Le ministre a insisté sur l’importance des secteurs concernés : « L’agriculture structure l’économie réelle de nos populations rurales ; la culture et l’artisanat constituent le socle de notre identité ainsi qu’un levier de création de valeur et d’emplois », a-t-il déclaré.

Un mécanisme de suivi

Instituée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union le 24 octobre 2013, la revue annuelle des réformes communautaires est un mécanisme de suivi visant à mesurer les progrès réalisés par les États membres. Elle permet également d’identifier les défis persistants et de proposer des solutions adaptées. Chaque année, les résultats sont partagés avec les gouvernements afin de renforcer l’appropriation des politiques communautaires.

Des recommandations ciblées

À l’issue de l’évaluation, des recommandations ont été transmises aux départements ministériels concernés. Elles visent à lever les contraintes identifiées et à améliorer la mise en œuvre des réformes. Les autorités togolaises sont ainsi invitées à accélérer la transposition des directives en attente, à renforcer la coordination intersectorielle et à mobiliser davantage de ressources pour soutenir les secteurs en difficulté.

Un enjeu stratégique

La mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA revêt une importance stratégique pour le Togo. Elle conditionne non seulement l’intégration régionale, mais aussi la crédibilité du pays au sein de l’Union. Le recul constaté en 2025 rappelle que les acquis restent fragiles et nécessitent une vigilance constante. Les efforts devront être intensifiés pour éviter que cette tendance ne s’installe durablement.

Vers une relance

Malgré ce repli, les perspectives demeurent positives. Le Togo a déjà démontré sa capacité à progresser rapidement, comme en témoigne la performance de 2024.

La relance passera par une meilleure anticipation des contraintes, une implication accrue des acteurs nationaux et une volonté politique renouvelée. La Commission de l’UEMOA, de son côté, continuera d’accompagner les États membres dans ce processus, en veillant à ce que les réformes adoptées se traduisent par des impacts concrets sur le terrain.

 

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