Par René DOKOU, le 03 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Du 3 au 6 juin, la capitale togolaise s’est imposée comme le centre stratégique d’une rencontre de haut niveau consacrée à l’éthique et à la régulation de la recherche en contexte d’épidémie. À l’initiative de l’Organisation Ouest‑Africaine de la Santé (OOAS), l’atelier a réuni les Comités Nationaux d’Éthique, les Autorités Nationales de Réglementation des Médicaments, les ministères de la santé et des experts venus de toute la CEDEAO.
Lomé, carrefour d’une réflexion régionale
Objectif : bâtir un système harmonisé, réactif et protecteur pour encadrer la recherche et les essais cliniques en période de crise sanitaire.
Un impératif dicté par les crises
Les épidémies d’Ebola, de méningite ou de fièvre de Lassa ont révélé les failles persistantes des dispositifs nationaux. Retards dans l’autorisation des protocoles, absence de coordination et manque d’harmonisation ont souvent ralenti la réponse. Dans des contextes où chaque jour compte, ces lenteurs peuvent coûter des vies. L’OOAS souligne dans son document technique que « la rapidité de décision conditionne la survie des populations ».
Une architecture en trois étapes
L’initiative régionale repose sur un programme structuré en trois phases.
Phase préparatoire : revue documentaire, consolidation des outils existants et finalisation des textes de gouvernance du Réseau Ouest‑Africain des Comités d’Éthique (WANEC).
Atelier de Lomé : validation des outils harmonisés, présentation de la plateforme numérique régionale et installation du conseil d’administration du WANEC.
Missions de terrain : accompagnement des pays dans l’opérationnalisation des recommandations, formation des utilisateurs et adaptation des procédures nationales.
Une plateforme numérique innovante
Au cœur du dispositif, une plateforme régionale de délivrance d’autorisations éthiques et de collaboration constitue une avancée majeure. Elle permettra de soumettre, suivre et gérer les demandes d’examen de protocoles via une interface commune. Cette innovation vise à réduire les délais, améliorer la transparence et renforcer la traçabilité des décisions, tout en facilitant la coordination des études multicentriques.
Des voix pour une éthique protectrice
Les débats ont mis en avant la dimension humaine de l’éthique.
Pour Alhaji Umar Njai (Sierra Leone), « l’éthique est un pilier essentiel pour protéger le bien‑être des citoyens et garantir le respect absolu de la dignité humaine ».
Mme N’Nah Djénab Sylla, du Comité national d’éthique de Guinée, a insisté sur l’importance de l’harmonisation : « Les projets multicentriques exigent une communication fluide entre pays afin de produire des synthèses cohérentes ». Ces témoignages traduisent une volonté commune de placer la protection des populations au centre des dispositifs.
Le Togo en première ligne
Le ministère de la Santé du Togo, par la voix de Naba Mouchédou Abdoukarim, point focal de l’OOAS, a salué la tenue de l’atelier et réaffirmé l’engagement du pays. Il a rappelé que la plateforme en cours de déploiement facilitera le traitement rapide des protocoles et offrira un cadre robuste pour la gestion des urgences sanitaires.
Vers une CEDEAO plus résiliente
Les résultats attendus sont structurants :
Cadre régional accéléré pour l’examen éthique; Procédures harmonisées entre États membres; WANEC opérationnel avec un conseil d’administration installé; Équipes nationales formées à l’utilisation de la plateforme numérique.
À terme, l’OOAS ambitionne une région plus réactive, mieux coordonnée et dotée de mécanismes éthiques capables de protéger efficacement les populations en période de crise.
Une étape décisive
Cet atelier de Lomé marque une étape clé dans la construction d’un espace CEDEAO plus solidaire et mieux préparé aux défis sanitaires du futur. En resserrant ses mécanismes de contrôle, l’Afrique de l’Ouest affirme sa volonté de transformer les leçons des crises passées en instruments durables de protection et de résilience.
















