Par René DOKOU, le 02 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Le Togo devient une référence pour les pays qui cherchent à rapprocher l’école de l’entreprise. À Adétikopé, la Plateforme industrielle (PIA) a accueilli une délégation du ministère de l’Éducation nationale réunissant des représentants de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Bénin et du Sénégal. Une visite qui confirme le rôle de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (ACP) dans la mise en relation entre les acteurs de la formation, de l’emploi et du secteur industriel.
Un atelier régional sur l’employabilité
La délégation était conduite par Wolou Djamba Adékoulé, Directeur des statistiques, de la recherche et de la planification. Plusieurs partenaires et acteurs l’accompagnaient, parmi lesquels l’EVAME, la GIZ et CFAO Motors. Leur déplacement s’inscrivait dans un atelier régional consacré au partenariat public-privé, à l’insertion professionnelle et à l’adaptation des formations techniques aux besoins du marché de l’emploi.
Ces thèmes sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des États de la sous-région, confrontés à un même défi : offrir aux jeunes des parcours qui débouchent sur des emplois réels. Observer sur le terrain une plateforme où coexistent unités industrielles, acteurs de la formation et partenaires techniques permettait d’aborder ces questions autrement que par des présentations théoriques.
Découvrir la PIA de l’intérieur
Accueillis par Idiola Sandah, Administrateur Général de l’ACP, les participants ont d’abord découvert le fonctionnement de la PIA, ses principales missions et les opportunités qu’elle développe dans les domaines de la formation, de l’employabilité et de la création de valeur. Une présentation des activités et des perspectives de la plateforme leur a ensuite permis de mieux saisir les exigences du secteur industriel.
La visite de plusieurs unités industrielles implantées sur le site a complété ce premier temps. Cette immersion a donné un aperçu concret des réalités de la production et des compétences recherchées par les entreprises. Pour des responsables chargés de planifier l’offre éducative, c’est un éclairage précieux : savoir quels profils, quelles aptitudes et quels niveaux de qualification attendent les employeurs aide à ajuster les formations en conséquence.
L’ACP, un acteur de dialogue
À travers cette rencontre, l’ACP apparaît comme un acteur de dialogue et de partage d’expériences, capable de rapprocher les politiques de formation des besoins réels des entreprises. Le modèle porté par la PIA offre une expérience susceptible d’alimenter les réflexions régionales sur l’employabilité des jeunes et l’adaptation des compétences aux transformations de l’industrie.
Le fait que quatre pays viennent s’en inspirer n’est pas anodin. Il montre que la plateforme d’Adétikopé suscite l’intérêt au-delà des frontières togolaises et qu’elle peut servir de cadre d’échanges entre institutions publiques, partenaires techniques et entreprises. La présence de la GIZ, de l’EVAME et de CFAO Motors à côté des représentants des ministères illustre d’ailleurs cette logique de coopération entre les différents acteurs.
Un enjeu commun aux économies africaines
Au-delà de la visite, cette rencontre met en évidence un enjeu majeur pour les économies africaines : mieux connecter la formation aux opportunités offertes par le secteur productif. Les expériences menées d’un pays à l’autre, qu’il s’agisse de partenariats avec les entreprises ou de dispositifs d’insertion, gagnent à être confrontées et partagées.
Sur ce terrain, la PIA constitue un cadre d’échanges où les politiques publiques peuvent se mesurer aux réalités de l’industrie. Reste aux pays participants à tirer les enseignements de cette immersion pour nourrir leurs propres réformes de la formation technique. Pour le Togo, en revanche, l’accueil de cette délégation conforte la place de la PIA comme vitrine d’une approche où l’école, l’emploi et l’industrie avancent de concert.
















