Gratuité des médias publics : Canal+ et New World TV sommés de se conformer

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Par René DOKOU, le 21 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La ministre de la Communication, Yawa Ahofa Kouigan, a adressé une sévère mise en garde aux distributeurs audiovisuels opérant au Togo. Dans une circulaire datée du 18 septembre 2026, elle rappelle à Canal+ Togo et New World TV, principaux acteurs du secteur, leur obligation légale de rendre accessibles gratuitement les médias publics.

Le constat du ministère est sans appel : la Télévision Togolaise (TVT), Radio Lomé et Radio Kara ne sont pas systématiquement disponibles sans frais pour l’ensemble des abonnés. Pourtant, l’article 36 de la loi n°2019-016 du 30 octobre 2019 sur l’audiovisuel impose clairement cette gratuité, considérée comme un droit fondamental d’accès à l’information.

La circulaire n°1016/MC/CAB/2026 fixe un ultimatum de trente jours aux distributeurs pour se conformer à la réglementation. Durant ce délai, ils devront notifier par courrier électronique les mesures concrètes prises pour assurer la diffusion gratuite des médias publics. À défaut, le dossier sera transmis au régulateur, qui appliquera les sanctions prévues par les textes en vigueur.

Cette intervention traduit la volonté du gouvernement de protéger l’accès universel aux médias nationaux, piliers de la communication publique et de la cohésion sociale. Elle marque également une étape dans la régulation d’un secteur où les opérateurs privés occupent une place dominante.

Le rappel à l’ordre de Yawa Kouigan s’inscrit dans une logique de fermeté face aux manquements répétés. En imposant un délai précis et en brandissant la menace de sanctions, le ministère entend mettre fin à une pratique jugée contraire à la loi et aux principes de service public.

Au-delà de l’aspect juridique, cette décision relance le débat sur la responsabilité sociale des distributeurs audiovisuels. Leur rôle ne se limite pas à la commercialisation de bouquets payants : ils doivent aussi garantir l’accès équitable aux contenus publics, essentiels pour l’information des citoyens.

La démarche du ministère illustre une volonté de rééquilibrer les rapports entre l’État et les opérateurs privés, en rappelant que la régulation n’est pas une option mais une exigence. Elle met en lumière la nécessité d’un respect strict des obligations légales, afin que la diffusion des médias publics ne soit jamais conditionnée par un abonnement.

En définitive, ce bras de fer entre l’autorité de tutelle et les distributeurs audiovisuels pourrait marquer un tournant dans la régulation du secteur. Si les opérateurs se conforment, l’accès gratuit aux médias publics sera garanti pour tous. Dans le cas contraire, les sanctions annoncées viendront rappeler que la loi prime sur les intérêts commerciaux.

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