Par René DOKOU, le 15 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- C’est fait. Réunis en troisième séance plénière de leur deuxième session ordinaire de l’année, les députés ont voté, mercredi 14 octobre 2026 de manière définitive, le projet de loi autorisant la ratification de la Convention portant création de l’Organisation internationale pour la médiation (IOMed). Un feu vert parlementaire qui permet désormais au Togo d’engager son adhésion formelle à cette institution.
Un vote massif, au terme d’un parcours express
Le scrutin a livré un verdict sans appel : 95 voix pour, une seule abstention. Ce résultat fait suite au vote du Sénat, qui avait adopté le même texte, dans des termes identiques, la veille, le 13 octobre. En deux jours, les deux Chambres du Parlement ont ainsi bouclé la procédure.
La séance était dirigée par le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou. Le gouvernement y était représenté par M. Yackoley Kokou Johnson, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, chargé de la Coopération et des Togolais de l’Extérieur.
Une organisation dédiée aux règlements pacifiques
Ce traité donne naissance à une organisation internationale vouée à la prévention et au règlement pacifique, par la médiation, des différends interétatiques, administratifs et commerciaux. Son champ d’action couvre quatre catégories de litiges : ceux opposant des États entre eux, ceux impliquant des États tiers, ceux qui mettent aux prises un État et un ressortissant d’un autre État, ainsi que les contentieux commerciaux internationaux entre acteurs privés.
Trente-cinq pays figurent parmi les membres fondateurs de l’IOMed. Quatre d’entre eux sont africains : le Bénin, le Gabon, le Nigéria et le Togo.
Le gouvernement salue l’engagement des élus
Prenant la parole au nom de l’exécutif, le ministre Yackoley Johnson a remercié les parlementaires pour leur appui constant et pour l’autorisation donnée au gouvernement d’avancer dans ce dossier. « Je voudrais, au nom du gouvernement, vous exprimer ma gratitude pour votre engagement et votre constante sollicitude qui permettent aujourd’hui l’adoption définitive de la loi », a-t-il déclaré.
Le ministre délégué a ensuite rappelé que le pays ne découvre pas la médiation. Pour lui, l’engagement de Lomé est de longue date reconnu par les instances sous-régionales : « Qu’il vous souvienne que même la CEDEAO n’a pas attendu cette actualité avant de faire de Lomé la capitale de la paix, de la médiation, du dialogue et de la tolérance. »
Klassou : « La paix se prépare par les institutions »
Le Président de l’Assemblée nationale a, lui, insisté sur la portée politique du vote. « Nous donnons ainsi à la procédure parlementaire son plein accomplissement et au Togo un nouvel instrument au service du règlement pacifique des différends », a-t-il affirmé, disant mesurer « l’honneur et le bonheur » de contribuer au rayonnement international du pays.
Le Professeur Klassou a replacé cette décision dans la ligne diplomatique impulsée par le Chef de l’État. Sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le Togo affiche, a-t-il soutenu, une fidélité constante au règlement pacifique des différends. Il en voit la preuve dans le mandat de médiateur de l’Union africaine confié au dirigeant togolais dans la crise des Grands Lacs, comme dans les initiatives diplomatiques menées en Afrique de l’Ouest et au-delà.
La paix, socle de la stabilité nationale
Le président de la première Chambre du Parlement a ensuite érigé la paix en valeur cardinale. Dans la conscience nationale, a-t-il expliqué, elle est la condition de la sécurité collective, de la stabilité des institutions, de la modernisation et d’un développement durable. « Dans un monde traversé par les tensions, les rivalités, les conflits, le Togo privilégie le dialogue et la médiation », a-t-il souligné.
Pour l’orateur, ce vote est une traduction concrète de cet engagement : « Nous affirmons que la paix se prépare par les institutions que nous soutenons et les instruments que nous choisissons. » Il a conclu sur une formule appelée à marquer les esprits, souhaitant que cette adoption renforce la contribution du pays aux efforts de la communauté internationale et rappelle qu’« entre la rupture et l’affrontement demeure une voie, celle du dialogue ».
Ce que change cette ratification pour le Togo
Au-delà des discours, la ratification de la Convention de l’IOMed ouvre au pays des perspectives concrètes. Elle le dote d’un cadre juridique et diplomatique consolidé, propice à la prévention des conflits comme à leur règlement négocié. Pour un État qui revendique le rôle de facilitateur régional et continental, elle apporte une assise institutionnelle supplémentaire à une tradition de médiation déjà bien établie.
Reste à présent l’étape du dépôt des instruments de ratification, qui consacrera l’entrée formelle du Togo dans le cercle des États parties.
















