Par René DOKOU, le 29 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo revendique le droit de bâtir son régime parlementaire à sa façon, d’en renforcer les contre-pouvoirs et d’en assumer les résultats devant son peuple. Pour les défenseurs de cette option, l’essentiel n’est pas d’imposer un modèle institutionnel unique.
Il faut s’assurer que chaque système politique respecte les principes démocratiques et donne aux citoyens les moyens de prendre part à la vie publique, d’interpeller leurs dirigeants et de faire évoluer leurs institutions.
Une souveraineté qui oblige
Plaider pour la souveraineté institutionnelle ne revient pas à s’affranchir de l’exigence démocratique. C’est au contraire en rappeler la dimension nationale. Celui qui choisit un régime s’engage à en supporter les conséquences, à en mesurer les effets et à répondre de son fonctionnement devant les citoyens.
La liberté d’organiser ses pouvoirs publics s’accompagne donc d’une obligation de résultats, dont la population reste le premier juge. Aucune forme de gouvernement, aussi bien pensée soit-elle, ne dispense ceux qui l’incarnent de rendre des comptes.
Une région aux architectures plurielles
En Afrique de l’Ouest, la diversité des systèmes constitutionnels rappelle que chaque État demeure libre de dessiner son architecture institutionnelle. Cette liberté s’exerce dans le respect de ses engagements juridiques régionaux et internationaux.
L’intégration communautaire repose sur des obligations partagées. Elle n’exige pas pour autant que les formes de gouvernement soient identiques d’un pays à l’autre. Le véritable point de convergence est ailleurs : le respect des principes démocratiques et des règles de droit en vigueur.
Le parlementarisme à l’épreuve des faits
Le basculement du Togo vers un régime parlementaire, issu de la Constitution promulguée le 6 mai 2024 et ouvrant la Ve République, appelle désormais une mise en œuvre concrète. Il s’agit de faire vivre ce modèle à travers des institutions capables d’exercer un contrôle réel sur l’action du gouvernement, d’encourager le pluralisme et de renforcer la responsabilité des décideurs publics.
Plusieurs éléments serviront de critères pour juger de la portée de cette évolution :
la répartition des compétences entre les institutions ;
le rôle des assemblées ;
les mécanismes de contrôle de l’exécutif ;
la place accordée à la participation citoyenne.
Au-delà de l’étiquette du régime
Le choix du parlementarisme s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’organisation des pouvoirs. Son appréciation doit reposer sur les dispositions constitutionnelles applicables, sur les garanties démocratiques offertes et sur le fonctionnement effectif des institutions.
Adopter un régime parlementaire ne saurait, à soi seul, prouver un recul démocratique. À l’inverse, un régime présidentiel ne garantit pas automatiquement une gouvernance démocratique. Ce n’est pas l’étiquette qui fait la qualité d’un système, mais la manière dont il fonctionne au quotidien.
Des principes avant les modèles
« La démocratie togolaise n’est pas une franchise régionale. » La formule résume une conviction : la démocratie ne se réduit ni à une forme institutionnelle unique ni à l’adoption d’un régime présidentiel.
Elle repose sur des principes fondamentaux : participation citoyenne, représentation politique, responsabilité des gouvernants, pluralisme et respect de l’État de droit. Leur mise en œuvre peut varier selon les traditions constitutionnelles et les choix souverains des peuples.
Chaque pays reste libre d’organiser ses institutions. Il demeure comptable, devant ses citoyens, de leur capacité à garantir ces principes.
Pour mémoire : l’opposition togolaise conteste cette réforme. Elle y voit une manœuvre destinée à prolonger le pouvoir de Faure Gnassingbé, devenu président du Conseil, tandis que le président de la République a désormais un rôle essentiellement honorifique. Les partisans du texte répondent que le parlementarisme renforce la responsabilité de l’exécutif devant les élus.
Ce débat porte précisément sur l’effectivité du contrôle et du pluralisme évoquée dans l’article.
















