Par René DOKOU, le 30 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Peut-on rester maître de ses choix tout en honorant ses engagements internationaux ? Cette interrogation, au cœur des débats contemporains, anime depuis jeudi un colloque international réuni à l’Université de Lomé (UL).
Un équilibre à définir
Des juristes chevronnés, aux côtés d’universitaires et d’experts, se penchent sur la manière de concilier deux exigences que l’on oppose souvent : la prérogative des États de décider de leur ordre juridique, et leur devoir de garantir les droits fondamentaux conformément aux textes qu’ils ont ratifiés. Les échanges portent sur les limites de l’intervention d’une instance supranationale dans les affaires internes d’un pays.
La Cédéao et sa Cour de justice sous le regard des experts
Les travaux s’attardent en particulier sur le rôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de sa Cour de justice dans la protection des libertés individuelles et collectives. Le principal enjeu consiste à déterminer jusqu’où une juridiction régionale peut étendre son contrôle sans empiéter sur les compétences constitutionnelles reconnues aux États membres.
La question est d’autant plus sensible que les décisions de ces juridictions interpellent directement les législations nationales et les pratiques des autorités publiques.
Le traité, une parole donnée
Pour le président de l’UL, Kossivi Hounaké, la souveraineté ne se réduit pas à la liberté d’agir seul. Elle suppose aussi la fidélité aux engagements pris de plein gré. Il a rappelé que « une fois entré en vigueur, le traité oblige encore lorsque le cérémonial de signature est clos ». Autrement dit, la signature d’un accord ne relève pas du simple geste protocolaire : elle crée des obligations durables qui lient l’État.
Dépasser une fausse opposition
Directeur adjoint du Centre de droit public de l’université, Joseph Junior Kodjo refuse, lui, de dresser les deux principes l’un contre l’autre. À ses yeux, souveraineté nationale et protection des droits de l’homme ne s’excluent pas : il convient plutôt de trouver entre elles un juste équilibre, de manière que l’une serve l’autre.
Un cadre de réflexion
En réunissant chercheurs et praticiens du droit, ce colloque offre un espace de réflexion sur l’avenir de la protection des droits fondamentaux dans l’espace communautaire ouest-africain. Il invite à penser une articulation intelligente entre les ordres juridiques national et régional, au service des citoyens autant que de la stabilité des institutions.
















