Forum Russie-Afrique : le Togo vise le concret

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Par René DOKOU, le 30 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a participé le 28 octobre 2026 à la troisième édition du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Il y a défendu une coopération fondée sur des résultats concrets.

La présence du Togo dans la capitale russe n’a rien d’une initiative isolée. Elle prolonge une orientation que Lomé suit avec constance : élargir le cercle de ses partenaires sans en écarter aucun, et mettre chaque relation au service des priorités nationales. Cette méthode repose sur deux principes, le respect mutuel et la recherche de bénéfices tangibles pour les populations.

Ce positionnement permet au pays de ne dépendre d’aucun axe unique. Il lui laisse aussi la liberté de choisir, projet par projet, les partenaires les mieux placés pour répondre à ses besoins.

Un forum tourné vers les leviers de croissance

Dirigeants africains et partenaires russes se sont retrouvés à Moscou autour de plusieurs thèmes : commerce et investissements, infrastructures énergétiques, systèmes de paiement, transformation numérique et sécurité alimentaire. Ces sujets recoupent des préoccupations très concrètes pour de nombreuses économies du continent.

L’énergie conditionne l’industrialisation. Les systèmes de paiement facilitent les échanges et réduisent les frictions financières. Le numérique ouvre de nouveaux espaces de productivité, tandis que la sécurité alimentaire demeure un enjeu de stabilité pour les États africains. En réunissant ces thèmes dans un même cadre, le forum a donné à la rencontre une dimension à la fois économique et humaine.

Des attentes africaines clairement formulées

Les discussions ont remis en avant une exigence partagée par plusieurs pays africains. Le Président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, l’a notamment exprimée : l’Afrique attend des partenariats équitables, qui encouragent l’investissement productif et le transfert de technologies, dans le respect des choix souverains de chaque État.

Cette demande traduit une évolution de fond. Les pays du continent ne se contentent plus de relations limitées aux échanges de matières premières. Ils souhaitent des collaborations qui créent de la valeur sur place, forment des compétences et renforcent leurs capacités industrielles.

Une vision que le Togo porte de longue date

Cette exigence rejoint la ligne défendue par le Président du Conseil sur la scène internationale. Le Togo plaide pour une Afrique mieux associée aux grandes décisions mondiales, capable de défendre ses intérêts et de valoriser ses atouts auprès de tous les partenaires prêts à bâtir avec elle sur des bases équilibrées.

Dans cette perspective, la participation à des forums comme celui de Moscou permet de faire entendre une voix africaine cohérente. Elle offre aussi l’occasion de nouer ou de consolider des contacts utiles à des projets précis.

De la parole aux projets : l’enjeu du suivi

Avec la Fédération de Russie, la coopération dispose déjà d’un cadre institutionnel : la Commission mixte intergouvernementale Togo-Russie. L’enjeu est désormais de transformer les engagements pris en projets opérationnels.

Les priorités sont connues. Elles concernent l’énergie, l’agriculture, la transformation industrielle ainsi que la formation scientifique et technique. Ce sont des domaines où le Togo a identifié des besoins précis et où une coopération bien ciblée peut produire des effets visibles. Le défi consiste à passer des intentions aux réalisations, avec un calendrier et des résultats mesurables.

En marge des travaux : à la recherche de solutions adaptables

Hors des sessions officielles, le Président du Conseil a visité une exposition consacrée aux innovations russes dans les secteurs économiques et sociaux. Cette visite visait un objectif pratique : repérer des solutions susceptibles d’être adaptées aux priorités de développement du Togo.

Il a ensuite participé au dîner officiel offert aux chefs de délégation, moment d’échanges informels propice au dialogue entre responsables.

Et maintenant ?

Les pistes ouvertes à Moscou seront suivies dans le cadre des mécanismes de coopération bilatérale existants. C’est à ce stade que se mesurera l’utilité réelle du déplacement : à la capacité des deux parties de convertir les discussions en projets, puis les projets en bénéfices pour les populations.

Pour Lomé, la démarche reste cohérente : choisir ses partenaires selon ses besoins, défendre ses intérêts avec constance et privilégier les résultats concrets.

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