Port de Lomé et rail vers Adétikopé : la logistique, premier argument du Togo auprès des Russes

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Par René DOKOU, le 1er Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Devant la mission économique russe, le président de la CCI-Togo a placé les infrastructures de transport au cœur de son offre : un port, une liaison ferroviaire en réhabilitation et une plateforme industrielle, financés en partie par la Banque mondiale.

Lomé, 29 septembre 2026. Pour convaincre des entrepreneurs russes d’investir au Togo, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a d’abord parlé de routes, de rails et de quais. « Notre position géographique constitue l’un de nos principaux avantages », a déclaré son président, en recevant la délégation économique de la Fédération de Russie.

Le port, premier atout

Le Port autonome de Lomé est présenté comme « un atout majeur » pour le commerce maritime, le transit et la desserte des marchés de l’hinterland. L’ambition affichée dépasse la simple activité portuaire : faire de Lomé « non seulement un port, mais une véritable plateforme d’accès aux marchés de l’Afrique de l’Ouest ».

L’argument est adossé à l’appartenance du Togo à l’UEMOA, à la CEDEAO, à l’OHADA et à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le pays se présente ainsi comme une porte d’entrée vers un espace de plus de 460 millions d’habitants, et pas seulement comme un marché national d’environ 9,5 millions de personnes.

200 millions de dollars pour le transport et la logistique

Cette ambition est, selon la CCI-Togo, renforcée par des investissements importants. En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars pour moderniser les systèmes de transport et de logistique du pays.

Le programme prévoit notamment la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la Plateforme industrielle d’Adétikopé. Il comprend aussi l’amélioration de la mobilité urbaine et des connexions entre les zones agricoles et les marchés. Il vise explicitement, a rappelé le président de la CCI, à consolider la position du Togo comme hub régional de transport et de logistique.

Un rail qui relie le port à l’industrie

Le choix de relier le port à Adétikopé n’est pas anodin. La plateforme, qui couvre environ 410 hectares, compte plus d’une vingtaine d’unités industrielles installées ou en cours d’installation, notamment dans l’agro-industrie et la logistique. Selon les données présentées par le Gouvernement, les entreprises agréées y ont investi environ 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour près de 5 500 emplois créés.

Pour un industriel étranger, la proximité d’un port et d’une voie ferrée est un critère déterminant. La CCI-Togo en fait donc un argument de vente, au même titre que la stabilité de l’économie : selon la Banque mondiale, la croissance réelle a atteint environ 5,9 % en 2025, pour un PIB courant proche de 11,8 milliards de dollars.

Des projets de mobilité ouverts aux partenaires

Le volet logistique se prolonge dans les projets que la CCI-Togo a présentés aux Russes. La gare routière de Sokodé, qu’elle conçoit comme une plateforme de mobilité et de services, doit structurer le transport interurbain entre le sud et le nord du pays. À Lomé, un parking structuré au centre-ville est proposé pour répondre à la saturation du stationnement, avec des possibilités de partenariat public-privé, de concession ou d’investissement privé.

Dans les deux cas, la Chambre se dit ouverte à des partenaires capables d’apporter financement, ingénierie, solutions technologiques, construction, équipements et expertise de gestion.

Un marché russe encore modeste

Le potentiel commercial reste à construire. En 2024, les importations togolaises en provenance de Russie se sont élevées à environ 97 millions de dollars, soit 3,3 % du total, avec une place majeure pour les engrais. Le président de la CCI-Togo souhaite voir davantage de produits togolais accéder au marché russe, et davantage d’entreprises russes utiliser le Togo comme plateforme.

Le chef de la délégation russe, Maxim Petrov, a plaidé de son côté pour une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé, en rappelant que la représentation commerciale russe, active depuis trois ans, avait fait ses preuves au Nigeria.

La première session de la Commission mixte, qui se poursuit jusqu’au 1er octobre, dira si cet argument logistique suffit à transformer l’intérêt exprimé en investissements.

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