PIA : sous la coordination de l’ACP, Adétikopé affiche 346 milliards de FCFA d’investissements

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Par René DOKOU, le 1er Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Présentée aux entrepreneurs russes par la CCI-Togo, la Plateforme industrielle d’Adétikopé fait valoir un bilan chiffré et un dispositif d’accompagnement que pilote l’Autorité de Coordination de la Plateforme (ACP).

Quand le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a voulu démontrer à la délégation économique russe que le pays produit, il a cité la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Derrière les chiffres, un acteur

en assure la coordination au quotidien : l’Autorité de Coordination de la Plateforme (ACP), dirigée par l’Administrateur général, le Lieutenant-Colonel Idiola Sandah.

Des résultats mesurables

Sur environ 410 hectares, la PIA compte plus d’une vingtaine d’unités industrielles installées ou en cours d’installation, principalement dans l’agro-industrie et la logistique. Selon les données présentées par le Gouvernement, les entreprises agréées y ont investi près de 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour environ 5 500 emplois créés. Ces résultats sont ceux de la plateforme dans son ensemble ; le discours de la CCI-Togo ne les attribue pas nommément à l’ACP.

L’ACP, interface entre l’État et les investisseurs

Le rôle de l’ACP est précisément de faciliter l’implantation et le fonctionnement des entreprises sur le site. Elle a donné à cette mission une forme concrète avec une Charte de collaboration et d’accompagnement conclue avec les investisseurs et avec l’E-GUICHET, outil destiné à simplifier leurs démarches. Pour des opérateurs étrangers en quête de visibilité administrative, ce type de guichet constitue un argument autant qu’un service.

La formation, autre volet de l’action de l’ACP

L’autorité agit aussi sur la main-d’œuvre. Le 28 septembre, soit la veille de la réception de la mission russe, elle a signé à la PIA un accord-cadre de partenariat avec l’Université de Kara, afin de rapprocher les étudiants du monde industriel, notamment par des visites d’entreprises. Cette démarche rejoint le projet de la CCI-Togo à Adétikopé : l’Académie consulaire des métiers, dont le centre de mécanique automobile est pratiquement achevé et pour laquelle la Chambre cherche des partenaires russes en équipement et en transfert de technologies.

Une plateforme adossée à la logistique

La PIA s’inscrit dans la stratégie portuaire du pays. En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé 200 millions de dollars pour moderniser le transport et la logistique, notamment la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la plateforme. Le programme vise à consolider la position du Togo comme hub régional. Le pays met en avant son appartenance à l’UEMOA, à la CEDEAO, à l’OHADA et à la ZLECAf, soit un espace de plus de 460 millions d’habitants.

L’argument adressé à Moscou

« Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons produire ensemble », a lancé le président de la CCI-Togo. En 2024, les importations togolaises en provenance de Russie se sont élevées à environ 97 millions de dollars, soit 3,3 % du total, avec une place majeure pour les engrais. Il souhaite voir davantage d’entreprises russes utiliser le Togo comme plateforme en Afrique de l’Ouest.

Le chef de la délégation russe, Maxim Petrov, a défendu pour sa part une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé. Il a rappelé que la représentation commerciale russe, active depuis trois ans, avait fait ses preuves au Nigeria et souhaitait transposer cette expérience au Togo.

Passer des discours aux implantations

Reste à savoir si des entreprises russes choisiront d’ouvrir une unité à Adétikopé. C’est là que l’ACP sera attendue : dans sa capacité à accueillir de nouveaux investisseurs et à les accompagner. La commission mixte, qui se poursuit jusqu’au 1er octobre, offrira un premier indicateur de cet intérêt.

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