Commande publique : le Niger s’inspire de l’expérience togolaise

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Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La lutte contre la fraude dans les marchés publics rapproche Niamey et Lomé. Une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique du Niger (ARCOP-Niger) est en mission dans la capitale togolaise jusqu’au 2 octobre. Son objectif : s’imprégner des réformes conduites par le Togo et partager les pratiques de chaque pays pour mieux prévenir et sanctionner les irrégularités.

Un partage d’expériences entre régulateurs

Le séjour prend la forme d’un échange direct avec l’ARCOP-Togo, placée sous la direction d’Aftar Touré Morou. Les deux institutions comparent leurs méthodes de travail et leurs dispositifs de contrôle. Le Togo, qui a engagé ces dernières années des réformes dans la régulation de ses marchés publics, apparaît aux yeux de ses voisins comme une référence à examiner de près.

La mission nigérienne est dirigée par Idi Mamane Karbo, président du Conseil national de régulation de la commande publique. Sa présence à ce niveau de responsabilité montre l’importance que Niamey accorde à ce rapprochement institutionnel.

De la dénonciation à la sanction : toute la chaîne au crible

Les travaux portent d’abord sur l’entrée des signalements dans le système. Les deux parties examinent les mécanismes de réception et d’enregistrement des dénonciations, première étape de toute procédure contre des pratiques douteuses. Un dispositif accessible et fiable encourage les acteurs à signaler les manquements sans craindre de représailles.

Vient ensuite la question des sanctions. Les échanges s’attardent sur celles applicables aux candidats, soumissionnaires et attributaires reconnus défaillants ou frauduleux. Définir des peines proportionnées, les appliquer de manière constante et les rendre publiques constituent, pour les régulateurs, un levier essentiel de dissuasion.

Enquêter avec rigueur, dans le respect du contradictoire

Le cœur technique de la rencontre concerne le traitement des dossiers. Les experts des deux pays confrontent leurs pratiques sur l’instruction des affaires, les techniques d’investigation et la collecte des preuves. Une sanction n’a de valeur que si elle repose sur des éléments solides et vérifiables, capables de résister à un éventuel recours.

Le principe du contradictoire occupe aussi une place centrale. Il garantit à toute entreprise mise en cause le droit de connaître les griefs formulés contre elle et de présenter sa défense avant toute décision. Cette exigence protège les opérateurs économiques contre l’arbitraire et renforce la crédibilité de l’institution qui tranche.

Le contrôle a priori au programme

La délégation nigérienne ne s’en tient pas à l’ARCOP-Togo. Elle doit aussi tenir des séances de travail avec la Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP). Au menu : le contrôle a priori des procédures de passation des marchés publics. Ce contrôle intervient avant la conclusion des contrats et permet de corriger les anomalies en amont, plutôt que de les sanctionner après coup.

Cette complémentarité entre régulation et contrôle offre aux visiteurs une vue d’ensemble du dispositif togolais. Elle leur permet d’observer comment les institutions se répartissent les rôles, depuis la vérification des procédures jusqu’à la répression des fraudes.

Un enjeu de bonne gouvernance pour la sous-région

Dans l’espace ouest-africain, la commande publique représente une part importante des dépenses des États. Elle finance routes, écoles, hôpitaux et équipements collectifs. Lorsqu’elle est entachée de fraude, c’est la qualité des services rendus aux populations qui en pâtit, tout comme la confiance des investisseurs et des partenaires financiers.

Les échanges entre autorités de régulation répondent donc à un besoin commun : harmoniser les bonnes pratiques, s’appuyer sur les succès des uns pour éviter les écueils des autres, et bâtir des systèmes plus transparents. La visite nigérienne à Lomé s’inscrit dans cette logique de coopération entre pairs.

Une coopération appelée à se prolonger

À l’issue de son séjour le 2 octobre, la délégation repartira avec des enseignements concrets à adapter au contexte nigérien. Pour le Togo, cette mission constitue une marque de reconnaissance du chemin parcouru et l’occasion de confronter son modèle au regard d’un homologue. Reste à voir si cet échange débouchera sur des initiatives communes, mais il confirme déjà que la transparence des marchés publics est devenue un chantier partagé entre États voisins.

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