Transmission d’entreprise : un cadre encore à construire

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Par René DOKOU, le 27 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Au-delà de l’appel du président de la CCI-Togo à anticiper les successions, une question reste ouverte : quels outils concrets, juridiques, fiscaux et financiers, pour accompagner les entreprises qui changent de mains ?

Lors de l’Afterwork Familles & Repreneurs, tenu le vendredi 23 octobre 2026 à l’hôtel Sancta Maria, à Lomé, le Dr José Kwassi Symenouh, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) et parrain de la rencontre, a placé la transmission d’entreprise au rang des enjeux économiques. Son discours pose un diagnostic net et fixe des attentes claires aux dirigeants, aux familles et aux repreneurs. Il ne mentionne toutefois aucun dispositif précis d’accompagnement. Cette absence invite à poser la question du cadre dans lequel ces transmissions doivent s’opérer.

Un constat posé, des outils à préciser

Le président de la CCI-Togo l’a rappelé : la continuité d’une entreprise « ne va pas de soi » et « se prépare ». Elle suppose d’anticiper, d’organiser la gouvernance, de clarifier les responsabilités et de préparer les futurs dirigeants. Il a aussi souligné que la disparition d’une entreprise viable, faute de succession préparée, représenterait une perte pour le tissu entrepreneurial, en emplois, en compétences et en richesse créée.

Ce plaidoyer repose avant tout sur la responsabilité individuelle des acteurs : les chefs d’entreprise doivent s’y intéresser tôt, les familles se préparer, les repreneurs voir dans les entreprises existantes des activités à consolider. Mais anticiper suppose des instruments. Le discours n’en détaille aucun, et c’est là que se situe la marge de progression.

Quatre chantiers à examiner

La gouvernance. Le Dr Symenouh a insisté sur la nécessité de distinguer, lorsque cela est nécessaire, les relations familiales des exigences de gestion. Cette séparation passe par des règles écrites : conditions d’accès aux fonctions de direction, organes de décision, répartition des responsabilités. La question est de savoir quels modèles et quel accompagnement sont aujourd’hui accessibles aux entreprises familiales.

Le financement des reprises. Le président a encouragé les repreneurs à considérer les entreprises existantes comme des opportunités d’investissement. Reprendre une activité mobilise toutefois des capitaux. Reste à déterminer quelles solutions de financement existent pour les repreneurs, notamment lorsque la relève vient de l’extérieur de la famille.

L’environnement fiscal et juridique. Transmettre une entreprise implique des règles de succession et des conséquences fiscales. Le discours ne les aborde pas. Pour les familles et les repreneurs, la lisibilité de ce cadre conditionne la décision d’anticiper.

L’accompagnement institutionnel. La Chambre indique accompagner les entreprises, défendre les intérêts du secteur privé et contribuer à un environnement favorable. Elle rattache la transmission et la reprise à cette mission. Le champ reste à préciser : conseil, mise en relation entre cédants et repreneurs, formation, observatoire des entreprises familiales.

Une visibilité à construire

Le président de la CCI-Togo a lui-même relevé que les entreprises familiales, malgré leur place réelle dans l’économie, sont insuffisamment mises en lumière. Il a formé le vœu que l’initiative de Mme Eyram Koffidjin, fondatrice de « Transmission et Héritage », gagne en visibilité au fil des éditions. Cette visibilité peut aussi nourrir un travail de fond : recenser ces entreprises, mesurer leur poids et documenter leurs besoins, afin d’éclairer les décisions publiques et privées.

Des conversations vers des mesures

Le Dr Symenouh a exprimé le souhait que la rencontre soit le point de départ de « conversations utiles » et de collaborations concrètes. Il a aussi rappelé que le sujet mérite l’attention des entrepreneurs, de leurs familles, des organisations professionnelles et de l’ensemble des acteurs du développement économique. L’étape suivante consiste à traduire ces échanges en propositions précises, portées conjointement par ces différents acteurs.

Car si la sensibilisation est un premier pas, la pérennité des entreprises dépendra aussi de la qualité du cadre qui l’entoure. En érigeant la transmission en sujet d’intérêt national, la CCI-Togo a ouvert le débat. Reste à le prolonger par des mesures lisibles pour les dirigeants, les héritiers et les repreneurs.

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