Par René DOKOU, le 13 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Après cinq années marquées par la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025, le Togo ouvre une nouvelle page de son histoire nationale. Mardi, à Lomé, le gouvernement a lancé les consultations préparatoires à l’élaboration de la feuille de route 2026-2031
en présence des Partenaires Techniques et Financiers ; les représentants des organisations internationales, les Conseillers du Président du Conseil ; le Secrétaire Général du Ministère de la planification du développement ; les acteurs du secteur privé et des représentants du CPES. Loin d’un exercice administratif classique, cette démarche se veut participative et inclusive, fidèle à la volonté du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, de bâtir une vision collective.
Une transition vers un nouveau cycle
Institutions, partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile et citoyens sont appelés à unir leurs réflexions pour dessiner le visage du Togo des six prochaines années. L’écoute et la co-construction deviennent ainsi les maîtres-mots d’une gouvernance qui entend rapprocher davantage l’État des populations.
Un bilan solide malgré les crises
Avant d’ouvrir ce nouveau chapitre, le gouvernement a revisité le précédent. Sandra Ablamba Johnson, ministre et secrétaire générale de la Présidence du Conseil, a dressé un bilan qu’elle qualifie de robuste, malgré une conjoncture internationale agitée.
Pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, crise sécuritaire au Sahel… autant de secousses mondiales qui auraient pu freiner l’élan national. Pourtant, le Togo a choisi de transformer ces défis en leviers de résilience.
Avec une croissance moyenne avoisinant les 6 % sur la période 2020-2025, l’économie togolaise a maintenu son cap. Le Produit intérieur brut a atteint 6 919 milliards de francs CFA en 2025, tandis que le PIB par habitant a franchi la barre symbolique des 1 350 dollars. Autre indicateur salué : une inflation maîtrisée à 0,4 %, bien en dessous du seuil communautaire fixé par l’UEMOA.
Des avancées sociales tangibles
Au-delà des chiffres, les progrès sociaux sont notables. Le Togo est passé de la catégorie des pays à Indice de Développement Humain faible à celle des pays à IDH moyen, signe d’une amélioration progressive des conditions de vie.
L’Assurance maladie universelle couvre désormais plus de 4,4 millions de personnes. Le taux d’accès à l’électricité dépasse les 75 %, éclairant davantage les foyers et les perspectives économiques. Quant au Fonds national de la finance inclusive (FNFI), il continue d’incarner une passerelle vers l’autonomisation, avec plus de 118 milliards de francs CFA de crédits accordés à près de 1,9 million de bénéficiaires, majoritairement des femmes.
Ces résultats traduisent une volonté de faire de la finance un outil d’inclusion et non plus seulement de comptabilité.
Trois piliers pour l’avenir
Pour la période 2026-2031, la nouvelle feuille de route gouvernementale repose sur trois piliers stratégiques annoncés par Faure Gnassingbé devant le Parlement en décembre 2025 : Protéger, Rassembler, Transformer.
Protéger : Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants, le Togo entend consolider la paix, renforcer sa résilience et préserver la stabilité nationale, socle indispensable au développement.
Rassembler : La cohésion sociale, l’inclusion citoyenne et le leadership républicain apparaissent comme des priorités cardinales. Aucun projet national ne peut prospérer dans la fragmentation.
Transformer : L’objectif est de bâtir une économie plus compétitive, plus inclusive et capable d’affronter les défis du XXIe siècle avec audace et innovation.
Trois verbes d’action comme trois promesses d’avenir, traduisant une volonté claire : faire du Togo non seulement un pays résilient, mais également un État stratège tourné vers la modernité.
Une feuille de route écrite avec les Togolais
La singularité de cette démarche réside dans sa méthode. Il ne s’agit pas d’un programme conçu dans le silence des bureaux avant d’être imposé aux populations. Le gouvernement veut en faire une œuvre collective, nourrie des réalités du terrain et des aspirations citoyennes.
Dans son discours du 27 avril dernier, Faure Gnassingbé l’avait souligné : « Cette stratégie ne peut réussir que si elle vous appartient à tous. »
Un appel à l’appropriation nationale qui prend corps à travers une série de consultations prévues dans les cinq régions du pays. Après les échanges avec les partenaires techniques et financiers à Lomé, le gouvernement entend désormais tendre l’oreille aux collectivités, aux entrepreneurs, aux jeunes, aux femmes, aux acteurs sociaux et aux forces vives de la nation.
Inclusion et proximité comme méthode
Le pari est clair : transformer la participation en moteur de gouvernance et faire de l’inclusion non pas un slogan, mais une méthode de construction nationale.
Entre ambitions économiques, impératifs sociaux et exigences sécuritaires, le Togo esquisse ainsi les contours d’une nouvelle étape de son développement. Une étape où l’État veut conjuguer vision et proximité, croissance et solidarité, modernité et cohésion.
















