Par René DOKOU, le 09 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Comité de concertation État–Secteur privé (CCESP) a tenu, en fin de semaine dernière à Lomé, sa deuxième réunion de l’année 2025. Placée sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Georges Barcola, assisté du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, la rencontre a permis de passer en revue les principaux acquis enregistrés au cours de l’année et de fixer le cap pour 2026.
Autour de la table, opérateurs économiques, responsables d’organisations patronales et décideurs publics ont salué la dynamique qui, selon eux, continue de renforcer la collaboration entre l’État et les acteurs privés.
Dès l’ouverture des travaux, le CCESP a rappelé son rôle central dans la transformation structurelle de l’économie togolaise. Instauré comme un cadre permanent d’échanges et de propositions, le comité est devenu l’un des principaux leviers de la stratégie gouvernementale de promotion du secteur privé. Pour 2025, ses interventions ont permis d’engranger plusieurs mesures jugées décisives pour la compétitivité des entreprises et l’attractivité du marché togolais.
Parmi les avancées les plus marquantes figure le gel temporaire des droits de douane sur les importations de logiciels, une mesure entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025. Destiné à encourager la digitalisation des services et l’adoption d’outils technologiques performants, ce dispositif vise à réduire les coûts d’investissement des entreprises engagées dans la modernisation de leurs activités. Dans le même esprit, la révision de l’assiette de la Taxe sur les entreprises de télécommunications et des technologies de l’information et de la communication (TETTIC) a été saluée comme un pas important vers un climat fiscal plus lisible et plus équilibré.
Le comité a également mis en avant l’impact immédiat de la suppression de la TVA sur les intrants destinés aux secteurs de la pêche, de l’aquaculture et de l’élevage. Une décision pensée pour soutenir des filières encore fragilisées, malgré leur potentiel stratégique dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et dans la création d’emplois. Les représentants du secteur ont souligné que cette exonération contribuait déjà à alléger significativement leurs charges, tout en favorisant l’essor de nouveaux investissements.
Autre point notable : les réformes entreprises pour accélérer les remboursements de crédits de TVA. Les entreprises ont souvent dénoncé les retards chroniques dans ces opérations, qui pèsent sur leur trésorerie. Les ajustements procéduraux engagés en 2025 ont permis, selon le CCESP, de réduire les délais et d’améliorer la prévisibilité financière des acteurs économiques. Dans la même veine, l’étalement des droits d’enregistrement des marchés publics au profit des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) a été présenté comme un mécanisme supplémentaire visant à soutenir la participation des plus petites structures à la commande publique.
Ces avancées, a rappelé le ministre Georges Barcola, tiennent à la « culture de dialogue fiscal » consolidée ces dernières années. « Cet acquis doit être préservé et consolidé », a-t-il insisté, appelant à un engagement constant de toutes les parties prenantes. La démarche, selon lui, montre que l’écoute et la concertation constituent aujourd’hui l’un des socles de la politique économique du Togo.
Du côté du secteur privé, le message est allé dans le même sens. Le président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), Jonas Daou, a mis en avant la nécessité de poursuivre des actions collectives, notamment dans un contexte marqué par l’entrée du pays dans une nouvelle République. Pour lui, cette nouvelle phase de la vie institutionnelle exige une coopération encore plus étroite entre les acteurs économiques et l’administration afin de consolider les acquis et d’envisager des réformes plus ambitieuses.
Pour l’année 2026, le CCESP entend maintenir un dialogue régulier sur les décisions d’ordre fiscal et sur les réformes susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises. L’objectif affiché reste inchangé : faire du secteur privé l’un des moteurs du développement national et un partenaire stratégique dans la réalisation des ambitions économiques du Togo.
À Lomé comme dans les régions, les opérateurs économiques attendent désormais que cette dynamique se poursuive, convaincus que la stabilité du cadre fiscal et l’amélioration de l’environnement des affaires constituent des éléments essentiels pour attirer les investissements et soutenir une croissance durable.
















