Par René DOKOU, le 20 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- L’agriculture togolaise franchit une nouvelle étape de son développement. Portée par une planification axée sur les résultats et soutenue par des investissements massifs, elle se renforce autour d’un levier essentiel : la mise à disposition d’engrais vivriers. Ces intrants, indispensables aux cultures de base, constituent désormais un pilier stratégique pour garantir la sécurité alimentaire et améliorer les revenus des producteurs.
Les engrais vivriers, un facteur clé
Les engrais vivriers regroupent des fertilisants destinés aux principales cultures alimentaires du pays : maïs, riz, sorgho, mil, igname ou manioc. Riches en azote, phosphore et potassium, ils permettent de restaurer la fertilité des sols, souvent fragilisés par une exploitation continue. Sans ces apports, les rendements chutent, compromettant à la fois les revenus des exploitants et l’approvisionnement des marchés. Leur disponibilité devient donc un enjeu majeur pour la stabilité économique et sociale.
Une projection ambitieuse pour 2026
Pour l’année 2026, le gouvernement prévoit la distribution de 85 000 tonnes d’engrais vivriers, contre 77 938 tonnes en 2024 et 33 435 tonnes en 2025. L’investissement global atteint 42,4 milliards de francs CFA, illustrant l’importance stratégique accordée au secteur agricole. La répartition par région traduit une approche différenciée, adaptée aux besoins et aux potentialités locales :
Grand Lomé : 500 tonnes pour 249,9 millions de francs CFA
Maritime : 7 000 tonnes pour 3,4 milliards de francs CFA
Plateaux : 11 500 tonnes pour 5,7 milliards de francs CFA
Centrale : 13 000 tonnes pour 6,4 milliards de francs CFA
Kara : 18 000 tonnes pour 8,9 milliards de francs CFA
Savanes : 35 000 tonnes pour 17,4 milliards de francs CFA
Cette dernière région, véritable grenier du pays, concentre à elle seule près de la moitié des volumes distribués, confirmant son rôle central dans l’économie agricole nationale.
Des impacts directs sur les producteurs
La disponibilité des engrais vivriers transforme profondément les conditions de production. Les agriculteurs peuvent améliorer leurs rendements à l’hectare, sécuriser leurs récoltes et mieux résister aux aléas climatiques. L’accès facilité à ces intrants, souvent coûteux, réduit une contrainte majeure et ouvre la voie à une exploitation plus rentable. Les producteurs cultivent ainsi de plus grandes superficies, avec des perspectives accrues de revenus et une amélioration tangible des conditions de vie en milieu rural.
Une dynamique économique renforcée
L’augmentation de la production vivrière entraîne des effets multiplicateurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Pour les commerçants, elle signifie des volumes plus importants à écouler, dynamisant les marchés locaux et régionaux.
Pour les transformateurs, elle garantit une disponibilité régulière de matières premières, essentielle au développement des unités agroalimentaires. Quant aux consommateurs, l’accroissement de l’offre contribue à stabiliser, voire à réduire les prix des denrées alimentaires, améliorant l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée.
Un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire
Dans un contexte de croissance démographique, la sécurisation de l’approvisionnement alimentaire devient une priorité nationale. Les engrais vivriers apparaissent comme un outil incontournable pour relever ce défi.
En soutenant la productivité agricole, l’État favorise non seulement l’autosuffisance alimentaire, mais aussi la résilience des communautés rurales face aux chocs climatiques et économiques. Cette politique s’inscrit dans une vision de long terme, où l’agriculture reste au cœur du développement national.
Vers une agriculture compétitive et durable
Au-delà des chiffres, la stratégie mise en œuvre traduit une volonté de bâtir une agriculture compétitive et durable. En investissant massivement dans les intrants, le Togo prépare les conditions d’une croissance inclusive, où les producteurs, les commerçants, les transformateurs et les consommateurs trouvent chacun leur place.
Les 42 milliards de francs CFA mobilisés pour 2026 ne sont pas seulement un investissement financier : ils représentent un pari sur l’avenir, celui d’une agriculture capable de nourrir la population, de créer des emplois et de soutenir la croissance économique.
















