Par René DOKOU, le 21 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Du 18 au 20 mai 2026, Lomé a accueilli la troisième édition du forum d’affaires Biashara Afrika, placé sous l’égide de la ZLECAf et du gouvernement togolais. L’événement a réuni plus de 1 500 participants autour d’un enjeu central : faire de l’agriculture et du commerce les piliers de la résilience et de la croissance africaine. Dans un monde marqué par les crises géopolitiques, climatiques et économiques, l’intégration régionale apparaît comme une réponse stratégique.
Agriculture et commerce, moteurs de résilience
Le panel intitulé « Agriculture, commerce et résilience : garantir l’avenir de l’Afrique dans un monde fragmenté » a mis en lumière les défis de la souveraineté alimentaire. Les experts ont rappelé que la croissance agricole africaine, estimée entre 4 % et 4,5 % ces dernières années, figure parmi les plus dynamiques au monde. Cette performance repose sur la modernisation des filières, l’investissement dans les infrastructures logistiques et la diversification des productions.
Priorités pour une souveraineté alimentaire
Les intervenants ont identifié plusieurs axes stratégiques :
Production agricole : accroître les rendements et sécuriser les cultures.
Commerce intra-africain : fluidifier les échanges pour renforcer la sécurité alimentaire.
Industrialisation des filières : transformer localement les produits à forte valeur ajoutée.
Normes harmonisées : garantir la compétitivité des produits africains sur les marchés mondiaux.
Le maïs, le soja, la noix de palme et les ressources halieutiques ont été cités comme filières prioritaires.
Le soja togolais, un exemple de réussite
Au Togo, la filière soja bio illustre cette dynamique. En 2024, la production a atteint 260 000 tonnes, avec un objectif de 500 000 tonnes en 2026. La demande croissante sur les marchés régionaux et internationaux, couplée à l’émergence d’unités de transformation, confirme le potentiel de cette filière stratégique.
Les contraintes du commerce agricole
Malgré les avancées, les participants ont dénoncé les obstacles persistants : lourdeurs administratives aux frontières, procédures douanières complexes et connectivité insuffisante des corridors de transport. Ces freins ralentissent les livraisons et limitent l’efficacité des échanges intra-africains.
La question des engrais et du riz
Le représentant de la FAO au Togo, Oyetounde Djiwa, a souligné l’écart entre l’Afrique et le reste du monde en matière d’utilisation d’engrais : 20 kg par hectare contre 100 kg en moyenne mondiale. Bien que le continent produise 30 millions de tonnes d’engrais, seule la moitié est utilisée. Concernant le riz, la production togolaise est passée de 85 000 tonnes en 2010 à près de 230 000 tonnes aujourd’hui, avec l’ambition d’atteindre un million de tonnes d’ici 2030.
Modernisation et innovation
Pour atteindre ses objectifs, le Togo mise sur :
Rendements agricoles : adoption de techniques modernes.
Transformation locale : développement d’unités industrielles.
Digitalisation : mise en place du système e-Phyto pour simplifier les procédures phytosanitaires et sécuriser les échanges.
Vers une agriculture orientée marché
Dr Gainmore Zanamwe, d’Afreximbank, a plaidé pour une agriculture davantage tournée vers les besoins du marché. Selon lui, la rentabilité et l’attractivité des investissements passent par une production adaptée à la demande réelle. La banque panafricaine s’est engagée à financer des projets structurants tout en accompagnant les petits producteurs.
Transformer le potentiel en souveraineté
Au terme des échanges, un constat s’impose : l’Afrique dispose des terres, des ressources humaines et du potentiel nécessaires pour assurer sa sécurité alimentaire. Le défi est désormais de transformer ces atouts en leviers de croissance et de souveraineté économique. Biashara Afrika 2026 a ainsi réaffirmé l’importance de l’intégration régionale comme moteur de résilience face aux crises mondiales.
Des débats élargis
Outre l’agriculture et le commerce, le forum a également abordé :
Relations USA-Afrique
Infrastructures et corridors
Paiements transfrontaliers
Marché unique africain
















