Par René DOKOU, le 06 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- À Caracas, des manifestants âgés, coiffés de casquettes et vêtus de couleurs vives, ont défilé en brandissant des portraits de Nicolás Maduro et une grande poupée articulée à son effigie. La scène, à la fois théâtrale et grave, a suivi l’expulsion spectaculaire du président vénézuélien, arrêté lors d’une opération menée par les forces américaines et transféré aux États-Unis.
Ces événements, aux répercussions immédiates au Venezuela comme à Washington, ont ouvert un débat juridique d’ampleur internationale. Nicolás Maduro et son épouse sont désormais poursuivis devant un tribunal américain pour trafic d’armes et de stupéfiants, des accusations passibles de lourdes peines de prison. Mais la méthode employée pour leur arrestation suscite de vives interrogations parmi les spécialistes du droit international.
L’administration Trump a présenté l’opération comme une action de maintien de l’ordre, fondée sur des mises en accusation existantes à New York et justifiée par la lutte contre le « narco-terrorisme ». Lors d’une conférence de presse, Donald Trump, entouré de son secrétaire d’État Marco Rubio, du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, a qualifié Maduro de « fugitif de la justice américaine ».
Selon les autorités américaines, le raid aurait été conduit à la demande du département de la Justice, avec le soutien logistique du Pentagone. Cette présentation vise aussi à répondre aux critiques sur l’absence d’autorisation préalable du Congrès, requise pour toute opération militaire prolongée à l’étranger.
Des experts rappellent toutefois que le droit international interdit en principe le recours à la force sur le territoire d’un autre État, sauf en cas de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité de l’ONU. Aucun précédent clair ne semble établir la légalité d’une telle destitution par la force.
Avant son arrestation, Nicolás Maduro niait toute implication dans le narcotrafic, accusant Washington d’instrumentaliser la « guerre contre la drogue » pour provoquer un changement de régime et mettre la main sur les vastes réserves pétrolières du pays.
Alors que le procès s’annonce long et hautement politique, une question demeure centrale : au-delà de la chute d’un homme, l’opération américaine a-t-elle franchi une ligne rouge du droit international ?
















