Par René DOKOU, le 29 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Du 15 au 19 décembre 2025, Abidjan a accueilli une étape majeure du processus d’harmonisation réglementaire du médicament en Afrique de l’Ouest. L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) y a tenu la deuxième session conjointe d’évaluation des médicaments pour l’année 2025, dans le cadre de l’Initiative d’Harmonisation de la Réglementation des Médicaments en Afrique de l’Ouest (WA-MRH), une plateforme stratégique portée par la CEDEAO pour améliorer l’accès aux produits médicaux de qualité dans la sous-région.
Pendant cinq jours, des experts issus des Groupes Techniques de Travail (GTT), des évaluateurs nationaux et des représentants des autorités réglementaires des États membres de la CEDEAO ont travaillé de concert pour examiner des dossiers soumis par des fabricants de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux. Cette rencontre de haut niveau visait à consolider les acquis de l’évaluation conjointe et à accélérer les procédures d’enregistrement grâce à des normes harmonisées.
Les travaux se sont déroulés conformément au Document Technique Commun (DTC) harmonisé de la CEDEAO, un référentiel clé qui standardise la présentation et l’évaluation des dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché. En s’appuyant sur ce cadre commun, les experts ont procédé à un examen rigoureux et coordonné des données de qualité, de sécurité et d’efficacité des produits évalués, réduisant ainsi les duplications et les délais au niveau national.
Au cœur de cette session figurait l’analyse approfondie des rapports techniques préliminaires préparés en amont par les équipes d’experts désignées. Les participants ont également examiné de manière détaillée les réponses fournies par les fabricants aux questions et observations formulées lors des premières évaluations. Ce processus interactif a permis de clarifier des points scientifiques et réglementaires essentiels et d’aboutir à la finalisation de rapports d’évaluation consolidés.
À l’issue des échanges, les experts ont formulé des recommandations techniques consensuelles, qui seront soumises à la prochaine réunion du Comité de Pilotage de l’initiative WA-MRH. Cet organe décisionnel aura pour mission de statuer sur les conclusions issues de l’évaluation conjointe et d’orienter les étapes ultérieures menant à l’enregistrement des produits concernés au niveau des États membres.
Au-delà de l’exercice technique, la session d’Abidjan illustre la volonté politique et institutionnelle des pays de la CEDEAO de renforcer la coopération régionale en matière de réglementation pharmaceutique. Dans un contexte marqué par des défis persistants d’accès aux médicaments essentiels, l’harmonisation apparaît comme un levier stratégique pour garantir la disponibilité de produits médicaux sûrs, efficaces et de qualité, tout en optimisant l’utilisation des ressources limitées des autorités nationales.
Mise en œuvre par l’OOAS, l’initiative WA-MRH bénéficie de l’appui constant de partenaires techniques et financiers de premier plan, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’AUDA-NEPAD, la Banque mondiale et la Fondation Bill & Melinda Gates. Leur soutien contribue au renforcement des capacités des autorités réglementaires, à l’alignement sur les normes internationales et à la consolidation d’un système régional crédible et performant.
En favorisant des évaluations conjointes et des décisions fondées sur l’expertise partagée, l’initiative WA-MRH s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques et à stimuler l’innovation locale. Elle constitue également un signal fort adressé aux fabricants, encouragés à soumettre des dossiers de qualité répondant aux exigences harmonisées de la région.
La session conjointe d’évaluation tenue à Abidjan marque ainsi une nouvelle avancée dans la construction d’un espace réglementaire ouest-africain plus intégré. Pour l’OOAS et ses partenaires, l’enjeu est clair : faire de l’harmonisation réglementaire un moteur durable de la santé publique et un pilier essentiel de la couverture sanitaire universelle au sein de la CEDEAO.
















