Kpalimé : l’Afrique prépare sa voix « Zéro Déchet » pour la COP31

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Par René DOKOU, le 30 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Pendant deux jours, Kpalimé a été le point de ralliement de ceux qui, sur le continent, se battent contre l’envahissement des ordures. Les lundi 26 et mardi 27 octobre 2026, le Forum Territoires d’Afrique « Zéro Déchet » a réuni quelque 300 participants venus de plusieurs pays africains. Placés sous la présidence du ministre de l’Environnement, Dodzi Kokoroko, les travaux avaient un double objectif : confronter les expériences de terrain et dégager des solutions de gestion durable des déchets adaptées aux réalités du continent.

Une assemblée volontairement large

La composition de la salle disait l’ambition de la rencontre. Élus locaux, parlementaires, autorités traditionnelles, universitaires, représentants du secteur privé, organisations de la société civile et jeunes ont pris place autour de la même table. Ce choix n’est pas anodin : la question des déchets se joue à l’échelle des communes, des quartiers et des ménages. Elle exige donc l’engagement de tous les maillons de la chaîne, du décideur politique au citoyen, en passant par l’entrepreneur qui transforme et le chercheur qui innove.

L’économie circulaire au cœur des débats

Parmi les thèmes phares figurait l’économie circulaire. Ce modèle repose sur trois leviers : réduire la production de déchets, réutiliser ce qui peut l’être et recycler le reste. L’idée est de rompre avec la logique linéaire consistant à produire, consommer, puis jeter. Les participants ont cherché à identifier des pistes concrètes pour appliquer cette approche dans des contextes africains, où les contraintes de collecte, de financement et d’infrastructures varient d’un territoire à l’autre, mais où les opportunités de valorisation sont réelles.

Cap sur Antalya

Ces échanges ne se voulaient pas un simple exercice de réflexion. Les propositions issues du forum doivent alimenter la position africaine commune qui sera portée à la 31e Conférence des Nations unies sur le climat (COP31), prévue à Antalya, en Türkiye. L’enjeu est de taille : faire entendre, dans les négociations internationales, une voix cohérente qui reflète les priorités du continent et fasse du traitement des déchets un sujet à part entière de l’action climatique. En s’accordant en amont sur des messages partagés, les acteurs africains espèrent peser davantage dans les discussions.

Le Togo, un pays qui avance sur le terrain

En accueillant cette rencontre, le Togo a mis en avant les efforts engagés ces dernières années pour améliorer la gestion de ses déchets. Le projet de Gestion des déchets et décentralisation (GEDEC) en est l’une des illustrations. Il accompagne les communes dans la mise en place de systèmes locaux de collecte et de traitement, en s’appuyant sur le principe de proximité : ce sont les collectivités, au plus près des populations, qui sont appelées à devenir les premières actrices de la propreté de leur territoire.

Dans le Grand Lomé, le centre d’enfouissement technique d’Aképé complète ce dispositif. Il reçoit les déchets collectés dans l’agglomération et marque une étape vers une prise en charge plus encadrée, loin des dépôts sauvages qui défigurent les paysages urbains et menacent la santé publique.

Pourquoi Kpalimé ?

Le choix de Kpalimé, ville de la région des Plateaux, n’a rien d’anodin. Cité réputée pour son cadre verdoyant, elle offrait un décor en phase avec le message du forum : préserver l’environnement commence par la maîtrise de ce que l’on rejette. Elle illustre aussi le rôle croissant des villes secondaires dans la transition écologique, trop souvent associée aux seules capitales.

Des engagements à traduire en actes

Au-delà des discours, l’enjeu pour les participants est désormais de transformer les recommandations en réalisations concrètes. La gestion des déchets suppose des investissements, une coordination entre les différents niveaux de décision et un changement durable des comportements. Le forum de Kpalimé aura au moins eu le mérite de rapprocher des acteurs aux profils variés, de faire circuler les bonnes pratiques et de poser les bases d’un plaidoyer africain structuré.

À l’approche de la COP31, le message venu du Togo est clair : les territoires africains entendent être des acteurs, et non de simples spectateurs, de la lutte contre les déchets et le dérèglement climatique.

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