Gestion des finances publiques : l’ENA forme 2 202 cadres

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Par René DOKOU, le 06 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo mise sur la compétence de ses agents pour assainir la gestion de l’argent public. Depuis le 5 octobre, un vaste cycle de formation a été lancé au profit de plusieurs milliers de cadres de l’administration. Il découle d’une convention d’un an conclue entre le Projet d’appui à la gouvernance et au développement du secteur privé (PAGDSP), placé sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget, et l’École nationale d’administration (ENA).

Un chantier financé par la Banque africaine de développement

Le dispositif repose sur un financement de la Banque africaine de développement (BAD), à hauteur de 9,22 milliards de Fcfa. Cette enveloppe couvre l’ensemble du PAGDSP, dont la formation n’est qu’une composante. Le projet poursuit trois objectifs : améliorer la gestion des finances publiques, renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, et stimuler l’investissement privé.

La logique est claire. Des procédures bien conçues restent sans effet si ceux qui les appliquent ne les maîtrisent pas. En investissant dans les hommes, le projet cherche à consolider les fondations de l’action publique.

Près de 40 sessions sur douze mois

Le programme s’étendra d’octobre 2026 à septembre 2027. Il prévoit près de 40 sessions, destinées à 2 202 cadres et agents. Une quinzaine d’entre elles se tiendront d’ici la fin de l’année, à Lomé comme dans les régions. Ce choix répond à un souci de proximité : la montée en compétence ne doit pas rester l’apanage de la capitale.

Vingt-quatre structures concernées

Les bénéficiaires proviennent de 24 structures réparties sur l’ensemble du territoire. La liste réunit des institutions au cœur du contrôle et de la régulation :

l’Office togolais des recettes (OTR) ;
la Cour des comptes ;
l’Inspection générale des finances ;
l’Inspection générale d’État ;
l’Autorité de régulation de la commande publique ;
l’Initiative pour la transparence des industries extractives ;
la Cellule nationale de traitement des informations financières.

Ces organes forment une chaîne : ils perçoivent, contrôlent, auditent ou sanctionnent. Les former ensemble revient à renforcer chaque maillon de cette chaîne, et donc sa solidité d’ensemble.

Le programme ne se limite pas à la sphère étatique. Des organisations de la société civile et l’Union des chambres régionales de métiers y sont également associées. Cette ouverture reconnaît que la redevabilité ne dépend pas seulement de l’administration. Les acteurs qui suivent, interpellent et accompagnent l’action publique ont eux aussi besoin d’outils pour jouer pleinement leur rôle.

La masse salariale en ouverture

Le cycle s’ouvre sur un sujet sensible : le contrôle de la solde et la maîtrise de la masse salariale. Un atelier est consacré à ce thème, réservé à 90 cadres de la Direction nationale du contrôle financier.

Le choix n’a rien d’anodin. Les dépenses de personnel représentent une part considérable des charges de l’État. Toute irrégularité dans les données salariales, même minime, peut donc peser sur l’équilibre des comptes publics. Mieux la solde est contrôlée, plus la marge de manœuvre budgétaire se dégage pour d’autres priorités.

Les participants apprendront d’abord à repérer les anomalies dans les données salariales de l’État. Ils seront ensuite formés à mettre en place des dispositifs de contrôle interne, afin de prévenir les écarts plutôt que de les corriger après coup. Ils devront enfin construire des tableaux de bord de suivi, pour piloter la dépense en continu et alerter à temps les décideurs.

Une exigence de rigueur

Cette formation intervient dans un contexte où la gestion rigoureuse des finances publiques est une attente forte des partenaires techniques et financiers comme des citoyens. Le recours à l’ENA, institution dédiée à la formation des cadres de l’administration, donne au programme un ancrage institutionnel solide.

Reste l’épreuve du terrain. Former plus de 2 000 agents en douze mois suppose une organisation sans faille, un suivi des acquis et, surtout, la volonté d’appliquer au quotidien ce qui aura été appris. C’est à cette condition que les sessions se traduiront par des pratiques plus sûres, des contrôles plus efficaces et une administration plus transparente.

Pour le PAGDSP, le pari est double : professionnaliser durablement les agents et créer, par ricochet, un environnement plus sain pour l’investissement privé. Un État qui dépense avec rigueur et rend compte avec transparence rassure ses citoyens comme ses partenaires. C’est précisément ce que vise ce programme, dont les premiers effets seront observables dès les prochains mois.

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