Par René DOKOU, le 19 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Accra accueille depuis vendredi une rencontre d’envergure continentale placée sous le signe du panafricanisme et de la mobilisation des Africains du monde. Sur invitation du président ghanéen John Dramani Mahama, le chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, séjourne dans la capitale ghanéenne pour prendre part au Sommet de la Diaspora 2025, un rendez-vous stratégique qui réunit dirigeants africains, intellectuels, acteurs de la diaspora et partenaires au développement.
Selon un communiqué de la Présidence du Conseil, la participation du président togolais s’inscrit dans la dynamique de partage et de concertation autour des grands enjeux africains contemporains. À Accra, Faure Gnassingbé est appelé à présenter aux autres chefs d’État et de gouvernement africains les conclusions majeures du 9ᵉ Congrès panafricain, tenu récemment à Lomé. Cette rencontre, organisée du 8 au 12 décembre, a rassemblé des panafricanistes, des universitaires et des acteurs de la société civile autour des défis politiques, économiques et culturels du continent.
Le Sommet de la Diaspora 2025 se veut une plateforme d’échanges et de propositions concrètes pour renforcer la contribution de la diaspora africaine au développement de l’Afrique. Il met en lumière le rôle central des Afrodescendants dans la transformation économique, sociale et culturelle du continent, tout en réaffirmant la nécessité de restaurer la dignité des Africains à travers le monde. Les travaux s’inscrivent dans une vision commune fondée sur la solidarité, la justice historique et la valorisation des compétences africaines à l’échelle globale.
Invité d’honneur de cette édition, Faure Gnassingbé intervient à un moment clé des discussions. Son intervention porte notamment sur les recommandations issues du 9ᵉ Congrès panafricain, qui appelle à une coopération renforcée entre les États africains et leurs diasporas. Le président togolais met également en avant l’expérience du Togo en matière de mobilisation des ressources humaines et financières de sa diaspora, considérée comme un levier essentiel de développement national.
À ce titre, il présente les mécanismes mis en place par les autorités togolaises pour encourager les investissements des Togolais vivant à l’étranger dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le numérique. Ces dispositifs visent à créer un environnement incitatif, fondé sur la confiance, la transparence et la reconnaissance de l’expertise de la diaspora, afin de transformer les transferts financiers et de compétences en projets structurants pour l’économie nationale.
Les échanges à Accra abordent également des thématiques structurantes pour l’avenir du panafricanisme. Parmi elles figure la reconnaissance de la diaspora ghanéenne comme « 17ᵉ région » du Ghana, une vision transformative qui inspire de nombreux pays africains. Cette approche symbolique et politique vise à renforcer le sentiment d’appartenance et à institutionnaliser la participation de la diaspora à la vie nationale.
Le sommet s’appuie en outre sur les politiques de promotion de la diaspora africaine portées par l’Union africaine, dans le cadre de son ambition de repositionner stratégiquement le continent sur la scène internationale. Les discussions intègrent également la dimension de la solidarité afro-caribéenne et la question sensible mais centrale des réparations des préjudices historiques liés à l’esclavage et à la colonisation, considérées comme un impératif moral et politique.
À travers sa participation, Faure Gnassingbé réaffirme l’engagement du Togo en faveur d’un panafricanisme pragmatique, tourné vers l’action et la mobilisation des forces africaines, où qu’elles se trouvent. Le Sommet de la Diaspora 2025 apparaît ainsi comme un jalon important dans la construction d’une Afrique plus unie, plus inclusive et résolument tournée vers son avenir.
















