Enseignement supérieur : le Togo fixe son cap pour 2026-2027

0
96

Par René DOKOU, le 08 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Faire de l’université un véritable moteur d’emplois et d’entreprises : c’est l’ambition affichée par le gouvernement togolais. Ce jeudi, au Village du Bénin, sur le campus de l’Université de Lomé, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a donné le coup d’envoi de la réunion-bilan de l’année académique 2025-2026, qui sert aussi à préparer la rentrée 2026-2027.

Un rendez-vous d’évaluation et de planification

L’atelier est organisé par le ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il rassemble les principaux acteurs du secteur, du public comme du privé.

Pendant deux jours, les participants dressent le bilan des activités de l’année écoulée, valident les rapports présentés et arrêtent les orientations de la prochaine rentrée. Les travaux prennent fin ce vendredi.

Des acquis salués dans les universités publiques

Le ministre a d’abord rendu hommage au travail accompli par les universités de Lomé, de Kara et de Datcha. Il a cité l’extension des capacités d’accueil, l’avancée de la digitalisation et l’amélioration du fonctionnement académique.

Mama Omorou a aussi rappelé l’effort financier de l’État. Celui-ci s’est traduit par des investissements dans les infrastructures et le recrutement d’enseignants-chercheurs, mais aussi par le soutien à la formation doctorale et par l’octroi de bourses et d’allocations aux étudiants.

Quatre chantiers pour changer d’échelle

Ces résultats ne suffisent toutefois pas, selon le ministre. Pour l’année à venir, le gouvernement souhaite franchir un nouveau palier et appelle à une transformation en profondeur du secteur, structurée autour de quatre priorités :

l’adéquation entre formation et emploi, avec une place accrue pour l’entrepreneuriat ;
une recherche mieux alignée sur les besoins du pays ;
une participation renforcée du secteur privé ;
une meilleure qualité des formations dispensées.
Rapprocher l’université du monde de l’entreprise

Pour concrétiser le premier objectif, plusieurs dispositifs sont annoncés. Des Conseils sectoriels des compétences seront créés dans les filières porteuses, afin que les cursus répondent mieux aux attentes du marché du travail. Les liens entre universités et entreprises seront également consolidés.

L’alternance occupe une place centrale dans cette stratégie. Les autorités visent d’ici 2028 une généralisation du modèle : la moitié des Licences professionnelles et la totalité des Masters professionnels devront être proposées en alternance. Ce mode de formation, qui associe enseignements théoriques et immersion en milieu professionnel, doit faciliter l’insertion des diplômés.

Une recherche tournée vers les défis nationaux

Le ministre a par ailleurs plaidé pour une recherche davantage orientée vers la résolution des problèmes concrets du pays. Trois domaines ont été mis en avant :

l’agriculture, face aux effets du changement climatique ;
la valorisation des matériaux locaux ;
l’intelligence artificielle, mise au service des langues nationales et de l’administration.

Ces pistes dessinent une recherche appliquée, capable de nourrir le développement économique et la modernisation des services publics.

Un levier au service de la Vision Togo 2040

À travers ces orientations, les autorités entendent faire de l’enseignement supérieur un instrument plus direct de création de compétences, d’emplois et d’entreprises. Cette feuille de route s’inscrit dans la Vision Togo 2040, qui fixe le cap du développement national à long terme.

La réunion-bilan, qui se poursuit jusqu’à demain, doit permettre de traduire ces priorités en actions pour la prochaine année académique. Le défi sera désormais de transformer les engagements annoncés en résultats tangibles pour les étudiants, les enseignants-chercheurs et les employeurs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici