Par René DOKOU, le 1er Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Lomé a accueilli, lundi 30 septembre 2025, le lancement officiel d’un programme de recherche inédit : African Youth Pathways to Resilience and System Change (AYPReS). Portée par le Partnership for African Social and Governance Research (PASGR), cette initiative entend repenser les trajectoires professionnelles des jeunes africains, en particulier les plus vulnérables, grâce à une approche participative et systémique.
Une réponse au défi continental de l’emploi
Chaque année, plus de dix millions de jeunes arrivent sur le marché du travail en Afrique. Mais la majorité se heurte au chômage, au sous-emploi ou à la précarité du secteur informel. Le projet AYPReS se veut une réponse à cette urgence sociale. Déployé dans dix pays du Kenya au Ghana, en passant par le Nigéria, le Bénin ou encore la Côte d’Ivoire et le Togo, il vise à produire des données probantes capables d’éclairer les politiques publiques et d’orienter des solutions concrètes.
Conçu dans la continuité du programme AYAR, développé en partenariat avec la Fondation Mastercard, AYPReS ambitionne de donner une voix à ceux qui, trop souvent, restent invisibles dans les statistiques : jeunes femmes rurales, personnes handicapées, réfugiés, déplacés internes et travailleurs informels.
« Il ne s’agit pas seulement de créer des opportunités d’emploi, mais de lever les barrières invisibles qui perpétuent l’exclusion », a martelé un représentant du PASGR à l’ouverture des travaux.
Une démarche participative
L’atelier de lancement, organisé à Lomé, a rassemblé un large éventail d’acteurs : représentants gouvernementaux, organisations de la société civile, secteur privé, chercheurs et partenaires techniques. Tous ont été invités à contribuer à la définition des axes prioritaires de ce projet triennal.
L’approche choisie se distingue par sa méthodologie collaborative : au-delà des études classiques, AYPReS associera directement les jeunes aux réflexions, en leur donnant la possibilité de partager leurs expériences et leurs aspirations. L’objectif : co-construire, avec l’État et les parties prenantes, des politiques inclusives qui reflètent la réalité du terrain.
« Le projet AYPReS vise à comprendre et améliorer l’accès des jeunes africains à un emploi décent, en mobilisant chercheurs, décideurs et bénéficiaires dans un même espace de dialogue », a expliqué Damghane Oudanou, associée de recherche du programme au Togo.
Un écosystème à bâtir
La réussite de ce projet repose sur la création d’un groupe mixte d’acteurs clés, réunissant experts, institutions et bénéficiaires. Ce dispositif doit permettre de transformer les résultats de la recherche en actions concrètes et en réformes durables.
Les discussions de Lomé ont ainsi insisté sur la nécessité de renforcer les synergies entre gouvernements, société civile et secteur privé. Un triptyque jugé essentiel pour bâtir un environnement plus favorable à l’emploi des jeunes.
Selon les organisateurs, les prochaines étapes consisteront à multiplier les consultations avec la jeunesse africaine afin de recueillir leurs visions du travail décent et leurs attentes vis-à-vis des politiques publiques.
Le Togo en première ligne
Pour le Togo, qui fait partie des dix pays pilotes, l’accueil de ce lancement constitue un signal fort. Le pays cherche à positionner sa jeunesse comme un moteur de développement, en misant sur la co-construction et l’innovation sociale.
À travers AYPReS, Lomé entend non seulement participer à la production de données régionales sur l’emploi, mais aussi tester des approches susceptibles d’inspirer l’ensemble du continent.
« Ce projet n’est pas une étude de plus. C’est une opportunité de transformer durablement les systèmes qui régissent l’accès à l’emploi des jeunes », a résumé un participant à la rencontre.
Un pari sur la résilience
Avec une durée prévue de trois ans, AYPReS espère devenir un laboratoire de solutions face au défi colossal de l’emploi en Afrique. Plus qu’un projet de recherche, il s’affiche comme un catalyseur de changement systémique, misant sur la résilience et la participation citoyenne.
En s’appuyant sur des données concrètes et des échanges inclusifs, le programme veut tracer de nouvelles voies pour une génération souvent reléguée à la marge. Pour de nombreux observateurs, c’est là que réside son ambition la plus forte : replacer les jeunes africains, tous les jeunes, au cœur de la dynamique de développement.
















