Électricité : le Togo réforme son cadre légal

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Par René DOKOU, le 07 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le gouvernement veut rebâtir les règles du jeu dans un secteur jugé stratégique. Réuni en Conseil des ministres mardi, sous la présidence de Faure Gnassingbé, l’exécutif a adopté un projet de loi destiné à moderniser le dispositif juridique encadrant l’électricité. L’objectif est d’améliorer la gouvernance, d’attirer des capitaux et d’adapter le secteur aux mutations en cours.

Un secteur au cœur de la souveraineté

Pour les autorités, l’électricité n’est pas un simple produit marchand. Elle est présentée comme un service public essentiel, un instrument de souveraineté énergétique et économique, un moteur d’industrialisation et un facteur d’amélioration des conditions de vie. Dans cette perspective, le gouvernement estime que la législation actuelle n’est plus à la hauteur d’une demande en constante progression, ni des bouleversements technologiques et économiques qui transforment la filière.

Mobiliser les investissements, garantir l’équilibre financier

Le projet de loi poursuit un double but. D’une part, il doit faciliter le financement des infrastructures électriques. D’autre part, il vise à consolider la solidité économique et financière du secteur, condition d’un développement durable des réseaux et des services.

Des innovations de fond

Le texte introduit plusieurs nouveautés majeures. Le stockage de l’électricité y est officiellement reconnu. Un statut de client éligible est créé et encadré. Les tiers pourront accéder aux réseaux, tandis que le rôle des producteurs indépendants se trouve renforcé.

La réforme ouvre aussi la porte aux solutions décentralisées. Elle encourage l’autoproduction, l’autoconsommation et l’injection sur le réseau des surplus d’électricité d’origine renouvelable. Elle pose en outre les bases du déploiement des compteurs intelligents, en intégrant les impératifs de cybersécurité des réseaux.

Un nouveau souffle pour les zones économiques spéciales

Les zones économiques spéciales sont directement concernées. Elles pourront varier leurs sources d’approvisionnement, notamment par l’autoproduction et par la signature de contrats directs avec des producteurs nationaux ou régionaux.

Selon le gouvernement, cette évolution doit accroître la disponibilité de l’énergie, aider les entreprises à mieux maîtriser leurs coûts et rendre les espaces industriels plus attractifs pour les investisseurs.

Réseaux isolés, consommateurs et marché régional

Le dispositif prévoit par ailleurs le raccordement progressif des réseaux isolés au réseau national. Les consommateurs bénéficieront d’une protection accrue, et les échanges sur le marché régional de l’électricité seront dynamisés. Ces mesures visent à diversifier les approvisionnements et à renforcer la sécurité énergétique du pays.

Une ambition à long terme

Au-delà des dispositions techniques, l’exécutif revendique un projet de transformation. Il entend orienter le secteur vers un modèle plus moderne, plus innovant, ouvert aux investisseurs et financièrement soutenable. Les pouvoirs publics en attendent une accélération de l’accès universel à l’électricité, une meilleure qualité et une plus grande continuité du service, ainsi qu’une réponse durable aux besoins des ménages comme à ceux des activités économiques.

Le projet de loi devra désormais suivre son cours institutionnel avant son éventuelle entrée en vigueur. Il traduit la volonté du Togo d’adapter son système électrique aux défis de la croissance, de la transition énergétique et de l’intégration régionale.

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