Par René DOKOU, le 08 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Parmi les cinq juges ayant prêté serment mardi à Abuja, le Togolais Yaouza Ouro-Sama revient dans une institution dont il a longtemps tenu le greffe. Une familiarité rare au moment d’ouvrir un mandat de quatre ans.
Un retour en terrain connu
Pour Yaouza Ouro-Sama, la Cour de justice de la Cédéao n’a rien d’un territoire inexploré. Ancien greffier en chef de la juridiction, il en a observé de l’intérieur les procédures, les équilibres et le quotidien. Il y revient aujourd’hui du côté du siège, avec le titre de juge.
Cette trajectoire singulière constitue son principal atout. Là où ses collègues devront apprivoiser les usages de la maison, il en maîtrise déjà les rouages.
Un profil à la croisée du droit et de l’université
Originaire de Sokodé, il est à la fois avocat d’affaires et universitaire, spécialiste du droit communautaire. Il a mené une partie de son parcours académique au Togo, en France et au Royaume-Uni, ce qui lui offre une lecture comparée des systèmes juridiques. Cette double culture, pratique et théorique, est précieuse pour une juridiction appelée à trancher des litiges entre l’ordre régional et les droits nationaux.
Une prestation de serment sous haute autorité
La cérémonie s’est déroulée mardi dans la capitale nigériane, en présence de Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la Cédéao. Les cinq magistrats se sont engagés solennellement à exercer leurs fonctions avec rigueur et impartialité.
Ils représentent cinq États de l’espace communautaire :
Désiré Henri Aihou, pour le Bénin ;
Awa Bah, pour la Gambie ;
Charlyne M. Brumskine, pour le Liberia ;
Henrietta Uzoamaka Didigu, pour le Nigeria ;
Yaouza Ouro-Sama, pour le Togo.
Leur mandat, d’une durée de quatre ans, n’est pas renouvelable. Cette règle garantit un renouvellement régulier de la composition de la Cour.
Des critères de sélection exigeants
Les juges sont choisis parmi des personnalités de haute moralité, ressortissantes des États membres, qualifiées pour exercer les plus hautes fonctions judiciaires. Un cadre rigoureux, destiné à préserver l’indépendance et la crédibilité de l’institution. Le parcours de M. Ouro-Sama, mêlant pratique du droit, enseignement et expérience au cœur même de la Cour, répond à cette exigence.
Première échéance : élire le bureau
Les nouveaux magistrats doivent désormais élire leur bureau, composé principalement d’un président et d’un vice-président. Ce scrutin interne donnera le ton de la mandature. Reste à savoir quel rôle jouera Yaouza Ouro-Sama dans cette nouvelle équipe, lui que son expérience du greffe place d’emblée en position de repère pour ses pairs.
Une juridiction au service de l’intégration régionale
Basée à Abuja, la Cour de justice de la Communauté est l’institution judiciaire de la Cédéao. Elle veille au respect du droit communautaire et tranche les litiges qui en découlent, contribuant ainsi à donner force et cohérence aux textes qui régissent l’espace ouest-africain.
Pour le Togo, la présence d’un magistrat familier des rouages de la Cour et rompu à la procédure communautaire constitue un motif de satisfaction. Elle conforte aussi la place du pays au sein d’une juridiction dont les décisions pèsent sur l’ensemble de la région.
















