Consommer local : le président de la CCI-Togo plaide pour un choix fondé sur la qualité

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Par René DOKOU, le 07 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La 7ᵉ édition du « Mois du Consommer Local » a été lancée officiellement ce mardi à Lomé. À cette occasion, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), Dr José Kwassi Symenouh, a livré un message sans détour : acheter local ne doit être ni un geste de solidarité ni un acte de complaisance, mais un choix fondé sur la qualité et la compétitivité.

Placée sous le thème « Consommation locale, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique : défis et opportunités », la cérémonie a réuni des membres du Gouvernement, la Gouverneure du District Autonome du Grand Lomé, le Représentant Résident de la Commission de l’UEMOA, des diplomates, des partenaires techniques et financiers ainsi que des opérateurs économiques.

Un choix, pas une faveur

Pour le président de la CCI-Togo, l’enjeu dépasse la simple promotion commerciale. Il invite à considérer le « Consommer local » comme un véritable choix économique et stratégique. « Consommer local ne signifie pas consommer par solidarité ou par complaisance », a-t-il martelé, rappelant que le consommateur choisit d’abord un produit parce qu’il répond à ses attentes : qualité, prix, disponibilité, régularité, présentation, innovation et service.

D’où le défi qu’il pose aux acteurs économiques : faire en sorte que le produit local soit « un produit que l’on choisit, et non simplement un produit que l’on encourage ». Selon lui, c’est là l’un des grands défis de l’économie togolaise. Il souhaite que le consommateur puisse dire : « Je choisis ce produit parce qu’il est bon, compétitif et qu’il répond à mes attentes. »

Qualité, normes et accès au marché

Pour y parvenir, Dr Symenouh appelle les entreprises à produire mieux, produire davantage et surtout produire pour répondre aux exigences du marché. La compétitivité, a-t-il indiqué, passe par l’amélioration de la qualité, le respect des normes, la certification, l’innovation, le packaging, la traçabilité et la capacité à assurer une offre constante.

Il a toutefois prévenu que produire ne suffit pas : encore faut-il accéder au marché. « Un excellent produit qui ne trouve pas son marché demeure une opportunité inachevée », a-t-il observé. La CCI-Togo entend donc jouer pleinement son rôle de passerelle entre producteurs, transformateurs, distributeurs, grandes entreprises, institutions publiques et financières, en facilitant l’accès à l’information, aux opportunités d’affaires, aux partenariats et aux marchés nationaux et régionaux.

Chacun sa part de responsabilité

Le président de la CCI-Togo a adressé un message à chaque maillon de la chaîne :

aux producteurs et transformateurs : produire pour être choisis, en investissant dans la qualité, la régularité, l’innovation et la valeur ajoutée ;
aux distributeurs et grandes entreprises : ouvrir davantage leurs chaînes d’approvisionnement aux entreprises togolaises capables de répondre aux exigences du marché ;
aux institutions financières : accompagner davantage les entreprises qui investissent dans la transformation, la modernisation, la qualité et l’accès aux marchés ;
aux pouvoirs publics : poursuivre les efforts pour créer un environnement favorable à l’investissement et à la compétitivité ;
aux consommateurs : faire du choix du produit local un acte économique fondé sur la qualité et la compétitivité.
Transformation locale et souveraineté économique

Dr Symenouh a également insisté sur la transformation locale. Lorsque le pays exporte essentiellement des matières premières et importe ensuite des produits transformés, « une grande partie de la valeur créée nous échappe », a-t-il déploré. Il plaide pour des chaînes de valeur capables de générer davantage de revenus, d’emplois et de compétences au Togo et dans l’espace régional.

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les barrières tarifaires, il a rappelé qu’« une économie dépendante de l’extérieur est une économie vulnérable ». La souveraineté économique, a-t-il précisé, ne signifie pas le repli sur soi, mais la capacité de mieux valoriser ses ressources, de renforcer son tissu productif et de maîtriser davantage ses chaînes de valeur. « Le local n’est pas une frontière. Il est une base de départ », a-t-il résumé, plaçant l’espace UEMOA et le marché ouest-africain comme horizon d’expansion.

Octobre, « un accélérateur » et non « une parenthèse »

Au programme de cette 7ᵉ édition : une exposition-vente de produits issus des différentes régions, des échanges autour du thème central, des actions de formation et de sensibilisation, ainsi que des activités de promotion des produits locaux.

Le président de la CCI-Togo a cependant tenu à rappeler que le mois d’octobre ne doit pas être une parenthèse, mais un accélérateur, dans le cadre d’une stratégie permanente de développement de la production, de transformation des ressources, d’amélioration de la qualité et de conquête des marchés. Son ambition : que le produit local ne soit plus seulement exposé, mais choisi ; qu’il ne soit plus seulement consommé au Togo, mais exporté ; qu’il devienne une source durable de valeur, d’emplois et de souveraineté.

Une initiative de l’UEMOA depuis 2019

Depuis 2019, le mois d’octobre est consacré, dans l’espace UEMOA, à la promotion des biens et services produits dans l’Union. En clôturant son allocution, Dr Symenouh a cité le Président du Faso, Ibrahim Traoré, qui déclarait le 3 octobre 2024 que consommer local « n’est pas seulement un acte patriotique », mais « une stratégie vitale pour stimuler notre industrie, créer des emplois décents et garantir une résilience face aux défis mondiaux ».

Il a conclu en souhaitant plein succès à cette édition, avec ce mot d’ordre : « Vive le Consommer Local pour que vive le Togo ! »

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