Soins infirmiers et obstétricaux : l’OOAS veut des normes communes en Afrique de l’Ouest

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Par René DOKOU, le 30 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Derrière chaque accouchement réussi, chaque enfant soigné à temps, il y a le savoir-faire d’une infirmière ou d’une sage-femme. C’est pour consolider cette compétence que l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) réunit, du 29 au 31 octobre 2026 à Abuja, au Nigeria, les acteurs régionaux de la formation en santé.

Un socle commun pour toute la région

L’OOAS, institution spécialisée de la CEDEAO en matière de santé, pilote cet atelier régional. L’objectif est d’élaborer des critères harmonisés pour la réglementation et l’accréditation des écoles et programmes de soins infirmiers et obstétricaux, aujourd’hui encadrés de façon inégale d’un pays à l’autre.

La démarche prolonge un chantier déjà engagé : l’harmonisation des curricula de formation initiale, conduite avec les États membres, le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) et les collèges professionnels ouest-africains. Elle ambitionne de doter la région de standards partagés, afin que les jeunes diplômés soient réellement prêts à exercer dans les hôpitaux, les maternités et les centres de santé communautaires.

Évaluer, encadrer, tracer l’apprentissage

Durant trois jours, les participants passent au crible les critères d’accréditation, de réglementation et d’évaluation, et dressent l’état des progrès accomplis dans ces filières.

Ils doivent aussi concevoir un carnet de stage unique. Cet outil recensera l’expérience pratique acquise par les étudiants lors des stages cliniques, des stages de terrain et des stages de fin de cycle. Il doit permettre de juger de manière plus uniforme les compétences réellement maîtrisées avant l’entrée dans la vie active.

Former plus, mais surtout former mieux

Représenté par le Professeur Joseph Olorunda, le Directeur Général de l’OOAS, le Professeur Palokinam T. Pitche, a rappelé que la lutte contre le déficit de personnel de santé ne se résume pas à augmenter les effectifs. Elle suppose aussi de garantir la qualité des formations dispensées.

Il a plaidé pour des évaluations institutionnelles rigoureuses, des cadres d’apprentissage clinique sécurisés et des révisions périodiques des dispositifs en place.

Le Nigeria insiste sur l’humanisation des soins

Dans l’allocution d’ouverture lue par le Dr Dakum Longji, le Professeur Muhammad Ali Pate, Ministre coordonnateur de la Santé et du Bien-être social du Nigeria, a souligné la nécessité de former des infirmiers et des sages-femmes aptes à offrir des soins sûrs, efficaces et empreints d’humanité.

Francophones, anglophones et lusophones : une même communauté

L’atelier entend également mieux arrimer les institutions de formation francophones, anglophones et lusophones aux collèges ouest-africains accrédités. Une manière de réduire les cloisonnements linguistiques qui freinent encore la coopération dans l’espace communautaire.

À l’issue des travaux, deux résultats sont attendus : des critères régionaux harmonisés et une feuille de route consensuelle pour les mettre en œuvre.

Diplômes reconnus, professionnels mobiles

À terme, l’application de ces normes devrait faciliter la reconnaissance des diplômes et de leurs équivalences, et encourager la mobilité des professionnels au sein de la région. Pour les populations, l’enjeu est direct : un meilleur accès à des infirmiers et des sages-femmes qualifiés et spécialisés, où qu’elles vivent en Afrique de l’Ouest.

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