Togo-Chine : quinze accords signés et une diplomatie au service de l’économie

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Par René DOKOU, le 27 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a achevé le 16 octobre 2026 une mission de huit jours en République populaire de Chine. Quinze accords publics et privés ont été signés. Ils couvrent la diplomatie, le secteur privé et plusieurs secteurs socioéconomiques.

Du 9 au 16 octobre 2026, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a effectué une mission en Chine, avec une idée directrice : faire de la diplomatie un levier de développement économique et social. La visite s’est articulée autour de trois axes : le renforcement des liens diplomatiques, la promotion des secteurs socioéconomiques et la mobilisation du secteur privé. Elle visait à approfondir les échanges, à stimuler les investissements et à favoriser la création de richesses et d’emplois.

Consolider les relations entre Lomé et Pékin

La mission s’inscrit dans la volonté du Togo de diversifier ses partenariats internationaux. Elle a porté la coopération avec la Chine au rang d’une « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ».

Le 13 octobre, lors de son entretien avec le président Xi Jinping, le chef du gouvernement togolais a réaffirmé l’attachement du Togo à une coopération fondée sur l’amitié, la confiance mutuelle et les intérêts partagés. Le 15 octobre, les échanges avec le Premier ministre Li Qiang ont permis de réitérer les engagements communs en faveur du développement bilatéral. Avec Zhao Leji, président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, les discussions ont souligné l’importance du dialogue interparlementaire et de la coopération multilatérale.

La Déclaration conjointe consacre ce rapprochement. Elle prévoit notamment le soutien de la Chine aux réformes institutionnelles du Togo et à la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.

Le Président du Conseil s’est aussi rendu dans les provinces du Shaanxi, du Fujian et du Guangdong. Il y a rencontré les gouverneurs et partagé des expériences sur l’agriculture intelligente, le développement local, la recherche océanographique, l’industrie et les infrastructures portuaires. Ces échanges offrent des pistes utiles à la modernisation de l’économie togolaise.

Huawei et Ecobank au cœur des opportunités

Le secteur privé occupe une place importante dans ce dispositif, notamment dans le numérique et les services financiers.

L’accord conclu entre le gouvernement togolais et Huawei couvrira la connectivité et l’innovation technologique, avec un accent sur l’énergie, le transport intelligent et la douane intelligente. Il vise à moderniser les infrastructures, à optimiser les services publics, à renforcer les compétences locales et à développer l’innovation.

Dans le secteur financier, le partenariat entre Ecobank Group et le système chinois de paiements transfrontaliers CIPS doit faciliter les transactions en renminbi entre la Chine et l’Afrique. Il pourrait simplifier les opérations commerciales des entreprises togolaises qui travaillent avec des partenaires chinois. Leur concrétisation dépendra toutefois de la capacité des opérateurs à s’approprier ces nouveaux outils, à nouer des alliances solides et à développer des activités créatrices de valeur ajoutée et d’emplois.

Des accords dans de nombreux secteurs

La coopération sino-togolaise s’élargit à l’agriculture, l’industrie, le commerce, les finances, l’économie numérique, le développement vert, les institutions, les médias et la formation.

Finances : un protocole prévoit l’annulation partielle de la dette du gouvernement togolais, afin d’alléger une partie de ses engagements.

Agriculture : un accord fixe les exigences phytosanitaires pour l’exportation du soja togolais vers le marché chinois. Cette ouverture offre de nouvelles perspectives aux producteurs, sous réserve du respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.
Industrie et commerce : les deux pays entendent renforcer leur coopération sur les chaînes industrielles et d’approvisionnement, développer le commerce numérique et faciliter les échanges grâce au programme des Opérateurs économiques agréés, qui associe l’Office togolais des recettes (OTR) à l’administration douanière chinoise.

Institutions : la coopération prévoit la construction d’un bâtiment pour le ministère togolais des Affaires étrangères et le don d’un véhicule au ministère chargé de la Sécurité.
Médias : des mémorandums avec des institutions audiovisuelles chinoises visent à renforcer les échanges entre China Media Group, les autorités chinoises compétentes et la Télévision togolaise.

Coopération décentralisée : un cadre entre la province du Shaanxi et la région de la Kara prévoit des échanges dans l’agriculture, l’énergie, la protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles et en eau.
Sécurité : un mémorandum sur l’Initiative pour la sécurité mondiale inscrit le partenariat dans une démarche privilégiant le dialogue et la coopération.
Des échanges commerciaux en forte progression

Selon les chiffres avancés, les exportations togolaises vers la Chine sont passées de 250 millions de dollars (environ 147 milliards de FCFA) en 2024 à 1,28 milliard de dollars (environ 749 milliards de FCFA) en 2025.

Le volume global des échanges entre les deux pays s’est établi à 5,43 milliards de dollars (environ 3 180 milliards de FCFA) en 2025, contre 3,5 milliards de dollars (environ 2 050 milliards de FCFA) en 2024, soit une hausse d’environ 55 %. Cette croissance confirme le poids stratégique du partenariat, mais elle souligne aussi la nécessité de rééquilibrer progressivement les flux en faveur de la production nationale.

Les protocoles d’accord signés sur le soja, le commerce électronique et les douanes devraient amplifier cette dynamique en facilitant l’accès au marché chinois et en fluidifiant les procédures. Les premiers résultats du programme chinois de suppression des droits de douane sur les produits africains admissibles constituent également un signal encourageant. Pour consolider ces acquis, il faudra diversifier les produits exportés, transformer localement les matières premières, améliorer la qualité et ouvrir de nouveaux débouchés.

Place à la mise en œuvre

Les rencontres diplomatiques, les accords et les partenariats ouvrent des perspectives dans plusieurs secteurs essentiels. Il appartient désormais à l’État, au secteur privé, aux producteurs, aux jeunes et à l’ensemble des acteurs économiques de les transformer en résultats concrets. Les entreprises sont appelées à investir, à innover et à conquérir de nouveaux marchés. Les producteurs doivent être accompagnés pour améliorer la qualité de leurs produits. Les administrations devront assurer le suivi des engagements et veiller à leur mise en œuvre effective.

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