Par René DOKOU, le 23 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- L’Assemblée nationale a franchi jeudi une étape décisive pour le monde rural. Les parlementaires ont adopté en première lecture le projet de loi d’orientation agricole, un texte censé redonner de l’élan au secteur, améliorer les conditions de production et consolider la souveraineté alimentaire du Togo.
Un vote en séance plénière
Le scrutin s’est tenu lors de la quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, sous la présidence du Prof. Komi Selom Klassou, président de l’institution. Trois membres du gouvernement ont pris part aux travaux : Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Antoine Lékpa Gbégbéni, ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, et Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances.
Un cadre juridique pour une agriculture moderne
Le projet de loi entend doter le pays d’un socle juridique cohérent, au service d’une agriculture moderne, productive, compétitive et durable. Ses dispositions visent à relever les rendements, à ouvrir aux producteurs les portes du financement et des marchés, à encourager la transformation locale des récoltes et à stimuler la création d’emplois.
Le texte aborde aussi des chantiers structurants : sécurisation foncière, mécanisation, irrigation et recherche agricole. S’y ajoutent la gestion durable des ressources naturelles, l’adaptation au changement climatique et le renforcement des capacités des exploitants, avec une attention particulière pour les jeunes et les femmes.
UNIR : « un enjeu majeur pour l’avenir du pays »
Au nom du groupe parlementaire Union pour la République (UNIR), Aklesso Atcholi a défendu un texte qu’il juge capital pour la nation. Selon lui, la loi doit garantir la sécurité alimentaire, accroître les revenus des producteurs et faire de l’agriculture un véritable moteur de développement économique et social.
« En adoptant une loi d’orientation agricole, nous faisons le choix de donner à notre agriculture un cadre clair, une vision de long terme et un cadre propice à son développement », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la terre togolaise est « un patrimoine stratégique et un pilier fondamental de notre souveraineté alimentaire ».
Le chef de file des élus UNIR a plaidé pour un meilleur soutien aux producteurs : accès facilité aux financements et aux équipements, rémunération plus juste de leur travail. Il a également insisté sur la nécessité de moderniser l’agriculture sans sacrifier les ressources naturelles, et d’associer davantage les jeunes et les femmes aux différentes chaînes de valeur.
Le gouvernement salue des débats de qualité
Le ministre Antoine Lékpa Gbégbéni a remercié les députés pour la richesse des échanges et la pertinence de leurs observations. À ses yeux, ces discussions ont permis de mieux appréhender les réalités vécues par les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs.
Il a inscrit cette réforme dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, articulée autour du triptyque « Rassembler, Transformer, Protéger ».
« En adoptant ce projet de loi en première lecture, vous avez ouvert une nouvelle perspective pour l’agriculture togolaise. Vous avez affirmé qu’elle mérite une vision de long terme, un cadre cohérent et une mobilisation nationale à la hauteur des enjeux », a-t-il lancé aux élus.
Une mise en œuvre sous condition
Le ministre a toutefois tempéré l’enthousiasme. L’efficacité de la loi, a-t-il prévenu, dépendra de ses modalités d’application, des ressources qui lui seront consacrées et de la concertation entre acteurs publics, privés et associatifs.
Klassou presse le gouvernement d’agir vite
Dernier à s’exprimer, le président de l’Assemblée nationale a salué l’engagement de ses collègues et décrit cette adoption comme une avancée notable pour l’agriculture togolaise. Il a insisté sur la nécessité d’augmenter la production, mais aussi de renforcer la transformation locale, source de valeur ajoutée et levier d’industrialisation.
Le Prof. Komi Selom Klassou a invité l’exécutif à accélérer la prise des textes d’application, à débloquer les moyens requis et à impliquer pleinement les acteurs du secteur. De son côté, la Représentation nationale compte suivre l’application de la loi dans le cadre de sa mission de contrôle, afin que les orientations retenues se traduisent en résultats tangibles pour les producteurs et les populations.
Il a enfin rappelé l’ambition portée par Faure Essozimna Gnassingbé : faire du Togo une nation souveraine sur le plan alimentaire.
Du texte aux champs
Avec ce vote en première lecture, la politique agricole du pays entre dans une nouvelle phase. Reste l’essentiel : convertir les orientations du texte en actions concrètes, pour produire davantage, améliorer les revenus des acteurs du secteur et ancrer durablement la souveraineté alimentaire du Togo.
















