Shenzhen, nouvelle porte du Togo vers le Guangdong

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Par René DOKOU, le 20 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a bouclé le vendredi 16 octobre 2026 sa visite officielle en Chine par une escale à Shenzhen, dans la province du Guangdong. Moteur de la croissance chinoise, cette région compte parmi les grands centres mondiaux de l’industrie, de l’innovation et du commerce international. Les discussions y ont surtout porté sur les moyens d’élargir la coopération économique entre le Togo et cette province.

Une dernière étape choisie

Le choix de Shenzhen pour clore le séjour n’a rien d’anodin. Le chef du gouvernement togolais a lui-même expliqué que cette métropole incarne le dynamisme industriel et technologique qui intéresse tout particulièrement Lomé. Il a également remercié les autorités chinoises pour l’accueil chaleureux réservé à sa délégation.

Reçu par les responsables provinciaux, il s’est entretenu avec le Gouverneur du Guangdong, Meng Fanli. Ce dernier s’est félicité de cette visite, qu’il a présentée comme le reflet de l’amitié et de la qualité des relations entre sa province et le Togo. Il a ensuite exposé les opportunités de coopération que le Guangdong peut offrir dans des secteurs jugés stratégiques pour le développement économique togolais.

Le Guangdong, un poids lourd de l’économie chinoise

Les chiffres présentés illustrent l’envergure du partenaire. Pour la 37e année consécutive, le Guangdong reste la première province économique de Chine. À lui seul, il pèse plus de 10 % de la richesse produite dans le pays. Il héberge aussi la deuxième place boursière chinoise, dont la capitalisation dépasse 514 milliards de dollars.

La province regarde déjà vers l’avenir. Avec l’entrée en vigueur du 15e Plan quinquennal (2026-2030), elle table pour 2026 sur une croissance de son produit intérieur brut comprise entre 4,5 % et 5 %. Sur l’ensemble de la période, elle vise une progression annuelle moyenne d’environ 5 %.

Vitrine de ce dynamisme, Shenzhen contribue à placer le Guangdong parmi les acteurs de premier plan des chaînes de valeur mondiales. La province y brille dans l’électronique, les télécommunications, l’industrie manufacturière, les technologies numériques et l’innovation. Ses infrastructures portuaires et logistiques, parmi les plus performantes, l’ancrent solidement dans le commerce maritime international et renforcent son pouvoir d’attraction auprès des investisseurs.

Le port de Lomé au centre des discussions

C’est dans ce contexte que le volet portuaire est apparu comme l’un des axes majeurs de coopération avancés par le Gouverneur. L’idée est de multiplier les échanges entre le Port autonome de Lomé et les opérateurs portuaires du Guangdong.

Un tel rapprochement pourrait consolider les liaisons maritimes, accélérer les flux commerciaux et stimuler les activités logistiques. Il épouse l’ambition du Togo de confirmer son rôle de plateforme logistique et commerciale en Afrique de l’Ouest. Positionné à l’interface des marchés régionaux et internationaux, le port de Lomé dispose d’un atout de taille pour nouer des relations plus étroites avec les grands pôles économiques asiatiques.

Des pistes de collaboration qui dépassent le port

Les échanges ne se sont pas limités aux quais et aux terminaux. Les deux parties ont repéré plusieurs domaines favorables à une collaboration renforcée : l’agriculture, la pêche, le tourisme, la formation professionnelle, le transfert de technologie et les échanges universitaires.

Cette liste dessine une coopération à plusieurs entrées, capable de toucher aussi bien l’appareil productif que le capital humain. Elle laisse entrevoir des retombées concrètes pour l’économie togolaise, en particulier dans la montée en compétences et l’appropriation de savoir-faire technologiques.

Lomé et Shenzhen, un jumelage à faire fructifier

La coopération décentralisée a également retenu l’attention des interlocuteurs. Ils ont rappelé le jumelage conclu en 1996 entre Shenzhen et Lomé, un lien qui s’inscrit désormais dans la durée.

Ce cadre entre collectivités territoriales est perçu comme un terrain idéal pour démultiplier les initiatives communes et favoriser le partage d’expériences. Il offre une passerelle supplémentaire, plus proche des réalités locales, aux relations entre les deux pays.

Un partenariat bâti sur la confiance

Faure Essozimna Gnassingbé a réaffirmé la valeur du partenariat sino-togolais, qu’il a décrit comme fondé sur la confiance mutuelle et une vision de long terme. Avec le temps, cette relation a permis d’intensifier les échanges et de rechercher de nouveaux espaces de collaboration, notamment dans les secteurs à fort potentiel économique et social.

L’approfondissement des liens avec le Guangdong prolonge cette dynamique. Il traduit aussi la volonté du gouvernement togolais de diversifier ses partenaires en se rapprochant des principaux centres de croissance de l’économie chinoise.

Des perspectives élargies

Au terme de cette étape, les relations entre le Togo et la Chine semblent ouvrir un nouveau chapitre. Les deux parties affichent le souhait commun de faire converger les forces industrielles, technologiques, portuaires et commerciales du Guangdong avec les priorités de développement économique du Togo.

L’objectif affiché est de bâtir un partenariat durable, de diversifier les échanges et de consolider les opportunités de croissance. Reste désormais à transformer ces intentions en projets concrets, à commencer par le rapprochement entre les ports de Lomé et du Guangdong.

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