Faure Gnassingbé s’initie à la 6G chez ZTE

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Par René DOKOU, le 16 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a clos son séjour en Chine par une étape à Shenzhen, au siège du groupe de télécommunications ZTE. Des ingénieurs de l’entreprise y ont détaillé les travaux menés sur la sixième génération de réseaux mobiles, la 6G, qui doit succéder à la 5G dans les prochaines années.

Une technologie encore en gestation

Sur le plan commercial, la 6G n’existe pas. L’Union internationale des télécommunications (UIT) en a toutefois tracé les contours à travers un cadre de référence baptisé IMT-2030. Ce document fixe des ambitions nettement supérieures à celles de la 5G : des débits sensiblement plus élevés, des délais de réponse fortement raccourcis, la capacité de raccorder une densité très importante d’appareils et une géolocalisation précise au centimètre près.

Le travail de normalisation doit s’intensifier à partir de 2026. Les premiers réseaux commerciaux sont attendus autour de 2030. Une bonne part des briques technologiques concernées reste cependant cantonnée aux laboratoires ou à la phase d’essais.

Des prototypes déjà dévoilés

ZTE entend se placer en première ligne. En juillet 2026, lors du salon MWC Shanghai, le groupe a exposé un prototype d’antenne qu’il présente comme le premier au monde à 256 canaux en bande « U6G ». Il a aussi montré des solutions de communication par satellite ainsi qu’une architecture de réseau pensée autour de l’intelligence artificielle.

Au Togo, la 4G reste le socle

Pour le Togo, la 6G relève encore du long terme. Les deux opérateurs du pays, Yas Togo et Moov Africa, bâtissent leurs réseaux essentiellement sur la 4G, où ils concentrent leurs investissements.

La 5G n’est pourtant pas une nouveauté dans le pays. Elle y est disponible depuis novembre 2020, grâce au réseau déployé à Lomé par Togocom, le premier d’Afrique de l’Ouest. Son usage demeure néanmoins marginal : fin 2025, seuls 1 % des appareils actifs étaient compatibles avec cette technologie. À la même date, la 4G équipait 39 % du parc actif, tandis que la 2G en représentait encore 44 %.

ZTE, géant chinois des télécoms

Avec Huawei, ZTE figure parmi les deux grands équipementiers télécoms de Chine. Établi à Shenzhen et coté en Bourse dans cette ville comme à Hong Kong, le groupe produit des équipements de réseau, notamment pour la 5G et la fibre optique. Il commercialise aussi des terminaux, dont les smartphones de la marque nubia, et se tourne de plus en plus vers la fabrication de serveurs destinés à l’intelligence artificielle.

Des résultats contrastés

Au premier semestre 2026, ZTE a enregistré un chiffre d’affaires de 78 milliards de yuans, en hausse de 9 %. Son bénéfice net a, en revanche, reculé de 45,6 % pour s’établir à 2,75 milliards de yuans.

Le groupe consacre environ 15 % de ses revenus à la recherche et au développement. Il évolue par ailleurs sous contrainte sur le marché américain : depuis 2022, les États-Unis lui refusent toute nouvelle autorisation d’équipements, en invoquant des raisons de sécurité nationale.

Un regard tourné vers l’avenir

Cette visite, qui referme le déplacement du chef du gouvernement togolais en Chine, offre un aperçu des évolutions à venir dans les télécommunications. L’écart reste toutefois considérable entre ces innovations de pointe et la réalité du marché togolais, où la 2G et la 4G dominent toujours largement. Avant que la 6G ne devienne une réalité commerciale, vers 2030 selon le calendrier actuel, l’enjeu pour le pays sera sans doute de poursuivre la modernisation de ses infrastructures existantes et d’élargir l’accès à la 5G, aujourd’hui limité par le faible nombre d’appareils compatibles.

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