Par René DOKOU, le 16 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- L’éducation à la lutte contre la corruption entre au programme de l’Ecole nationale d’administration (ENA). Le projet, piloté par la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), a été lancé ce mardi à Lomé. Il fait suite à une phase de prétest menée dans des universités et des centres de formation.
Un diagnostic posé sans détour
Pour le Directeur général de l’ENA, le Prof. Adama Kpodar, l’ampleur du phénomène ne fait plus débat. Il observe que les réseaux sociaux étalent aujourd’hui, preuves à l’appui, l’état de la corruption au Togo. Selon lui, il fallait d’abord établir le diagnostic, puis administrer le remède adapté.
Former l’élite administrative de demain
Le président de la HAPLUCIA, Aba Kimelabalo, a défendu le choix de l’ENA, qui n’a, dit-il, rien de fortuit ni de symbolique. « L’ENA forme les femmes et les hommes qui seront demain appelés à servir l’Etat, à concevoir et à mettre en œuvre les politiques publiques, à prendre des décisions et, pour beaucoup d’entre eux, à gérer des ressources publiques. Former ces futurs cadres à l’intégrité constitue un investissement majeur pour l’avenir de notre administration », a-t-il expliqué.
Il a résumé l’esprit du projet en une formule : « L’intégrité ne s’improvise pas : elle s’apprend, se cultive et se transmet ».
Une culture à instaurer, non une matière de plus
Aux yeux de l’autorité initiatrice, il ne s’agit pas d’ajouter un contenu à la formation des énarques. L’école est le vivier des grands commis de l’administration togolaise. L’enjeu est d’y diffuser une véritable culture de l’intégrité, à travers des valeurs transmises, et de faire naître de nouveaux comportements dans le service de l’Etat.
Une leçon inaugurale devant un parterre d’officiels
Cette étape s’est ouverte par une leçon inaugurale consacrée à l’intégration des unités d’enseignement sur l’éducation à la lutte contre la corruption et à l’intégrité dans l’offre de formation de l’ENA. Étaient présents le Gouverneur du District autonome du Grand Lomé (DAGL), le Prof. Adama Kpodar, Aba Kimelabalo, les directeurs des cycles 2 et 3, ainsi que des formateurs et des énarques.
Un message aux enseignants : « reformater les esprits »
S’adressant aux formateurs chargés de dispenser ce module, le DG de l’ENA les a appelés à mesurer la portée de leur mission. Il juge indispensable d’expliquer aux élèves ce qu’est la corruption et de leur montrer les moyens de la combattre. « Une unité d’enseignement sur ce sujet n’est pas un cours comme les autres. Vous devez arriver à agir sur le système, la psychologie et le mental. Vous devez être capables de reformater les esprits », a-t-il insisté.
Une ambition nationale de bonne gouvernance
Selon la HAPLUCIA, ce projet s’inscrit dans la volonté du pays de consolider la gouvernance, la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques. Il répond aussi, affirme-t-on, à la nécessité de préparer une génération de citoyens plus engagés au service de leur pays.
Une réponse suffisante ?
L’initiative est louable, mais une question demeure : l’éducation peut-elle, à elle seule, venir à bout d’un mal aussi profondément enraciné que la corruption et les infractions assimilées ? Le phénomène gagne du terrain, et beaucoup estiment qu’il est temps d’y ajouter des sanctions sévères et des moyens de répression capables de l’éradiquer durablement.
















