Togo : la Cour suprême réclame des magistrats 

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Par René DOKOU, le 16 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le président de la Cour suprême, Yaya Bawa Abdoulaye, a tiré la sonnette d’alarme jeudi. Devant le garde des Sceaux, il a pointé l’insuffisance des effectifs judiciaires, au moment où la haute juridiction voit affluer toujours plus de dossiers.

Une cérémonie de rentrée sous le signe de l’inquiétude

C’est lors de la cérémonie de reprise des activités ordinaires de la plus haute juridiction administrative du pays que le magistrat a livré son message. Devant les autorités judiciaires réunies et en présence du ministre de la Justice, il a choisi de placer la question des ressources humaines au cœur de son intervention, plutôt que de s’en tenir à un discours de circonstance.

Des effectifs en décalage avec les besoins

Les chiffres avancés illustrent l’ampleur du problème. Le Togo dispose de 255 magistrats pour une population de plus de 8,5 millions d’habitants, soit environ un juge pour 33 000 personnes. Sur ce total, la Cour suprême n’en compte que 15.

Pour son président, un tel effectif ne permet plus de faire face à l’accroissement des procédures. Les moyens humains actuels, a-t-il estimé, ne laissent pas la possibilité d’accélérer l’examen des affaires en attente.

Des pourvois en cassation en progression

La pression sur la juridiction se mesure aussi à l’évolution de son activité. Le nombre de pourvois en cassation est passé de 280 l’an dernier à plus de 300 cette année. Cette augmentation, même modérée en apparence, pèse lourdement sur une équipe aussi restreinte.

La contrainte est d’autant plus forte que chaque pourvoi doit être traité dans un délai de trois mois. Avec seulement quinze magistrats pour absorber cette charge, le respect de cette échéance devient un défi permanent.

Les justiciables, premières victimes de la lenteur

Yaya Bawa Abdoulaye a fait le lien entre ce déficit de personnel et la lenteur reprochée à l’institution judiciaire. Selon lui, ce manque d’effectifs explique en partie les retards observés dans le traitement des dossiers.

Les premiers à en subir les conséquences sont les justiciables. Dans de nombreux cas, ils attendent longtemps une décision qui conditionne leurs droits, leurs biens ou leur situation. Une justice qui tarde à se prononcer, rappellent régulièrement les professionnels du droit, perd une part de son efficacité et de sa crédibilité aux yeux des citoyens.

Un message adressé directement au gouvernement

En s’exprimant publiquement devant le garde des Sceaux, le président de la Cour suprême a adressé un signal clair à l’exécutif. Son intervention ressemble à un plaidoyer en faveur d’un renforcement des moyens de la juridiction, à commencer par le recrutement de nouveaux magistrats.

Reste à savoir quelle suite sera donnée à cette alerte. Entre la hausse continue des recours et des effectifs qui peinent à suivre, la question du renforcement du corps judiciaire s’impose désormais comme un enjeu majeur pour la qualité et la célérité de la justice au Togo.

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