« Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons… », message du Président de la CCI-TOGO à la mission économique Russe au Togo

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Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- À Lomé, la CCI-Togo et la délégation économique russe ont défendu, d’une même voix, un partenariat fondé sur la production, le transfert de compétences et le bénéfice mutuel.

À la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), où elle était reçue, la mission économique de la Fédération de Russie a entendu un message clair : le Togo veut des partenaires pour bâtir, pas seulement des fournisseurs. « Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons produire ensemble », a déclaré le président de la CCI-Togo. La rencontre s’inscrit dans la première session de la Commission mixte intergouvernementale Togo-Russie, qui se tient à Lomé du 29 septembre au 1er octobre 2026, dans le prolongement de la rencontre entre les dirigeants des deux pays à Moscou, en novembre 2025.

Moscou promet transfert d’expérience et développement partagé

Au nom de la délégation russe, son chef, Maxim Petrov, a défendu une relation fondée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé. Il a rappelé que la représentation commerciale russe, active depuis trois ans, avait fait ses preuves au Nigeria. Elle souhaite désormais transposer cette expérience au Togo, avec les adaptations nécessaires.

Les membres de la délégation présenteront des opportunités dans l’agriculture, les technologies innovantes, l’énergie et d’autres secteurs. Puis M. Petrov a employé une formule imagée : « Nous ne sommes pas là pour vous donner du poisson. Nous sommes là pour vous apprendre à pêcher. »

Un commerce à diversifier

Les échanges actuels restent modestes. En 2024, les importations togolaises en provenance de Russie ont atteint environ 97 millions de dollars, soit 3,3 % du total, avec une place majeure pour les engrais. Pour le patronat togolais, cela prouve qu’un courant existe et qu’il peut être élargi. Il souhaite voir davantage de produits togolais accéder au marché russe, et davantage d’entreprises russes utiliser le Togo comme plateforme en Afrique de l’Ouest.

Les arguments du Togo

Pays d’environ 9,5 millions d’habitants, le Togo a affiché, selon la Banque mondiale, une croissance réelle d’environ 5,9 % en 2025, pour un PIB courant proche de 11,8 milliards de dollars. Membre de l’UEMOA, de la CEDEAO, de l’OHADA et de la ZLECAf, il se présente comme une porte d’entrée vers un espace de plus de 460 millions d’habitants.

Le Port autonome de Lomé en est l’atout central. En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé 200 millions de dollars pour moderniser le transport et la logistique, notamment la liaison ferroviaire entre le port et la Plateforme industrielle d’Adétikopé. Cette plateforme de 410 hectares compte plus d’une vingtaine d’unités, principalement dans l’agro-industrie et la logistique. Selon le Gouvernement, les entreprises agréées y ont investi environ 346 milliards de FCFA depuis 2020, pour près de 5 500 emplois.

Quatre projets sur la table

La CCI a présenté quatre projets ouverts aux partenaires russes : l’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé, dont le centre de mécanique automobile est pratiquement achevé ; la gare routière de Sokodé, pensée comme une plateforme de mobilité et de services ; l’AgriTech d’Agbelouvé, pôle d’agriculture intelligente pour jeunes entrepreneurs ; et un parking structuré au centre-ville de Lomé, avec possibilité de partenariat public-privé ou de concession.

« Nous recherchons aussi des compétences, des technologies, des équipements, des modèles d’exploitation, des partenariats industriels et des engagements de long terme », a insisté le président de la CCI-Togo.

Un cadre permanent à construire

Pour concrétiser cette ambition, la CCI-Togo propose d’examiner un accord de coopération avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Fédération de Russie. Il porterait sur l’échange d’informations, la mise en relation des entreprises, les missions et rencontres B2B, ainsi que les normes, la certification et l’origine des marchandises. Un Conseil d’affaires Togo-Russie est également proposé, comme espace de dialogue régulier.

Les deux parties semblent donc s’accorder sur la méthode : transfert de savoir-faire d’un côté, projets productifs localisés de l’autre. Reste à voir si cette convergence de discours se traduira en accords concrets à l’issue de la commission mixte, le 1er octobre.

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