Violation de la liberté d’expression et de manifestation : un rapport de la LTDH pointe du doigt le gouvernement

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Par René DOKOU, le 2 octobre 2021

(IMPARTIAL ACTU)- La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) veut apporter sa contribution dans l’amélioration du droit à la liberté d’expression et à la liberté de manifestation au Togo. Ainsi il a été organisé le vendredi 29 Octobre, un forum national de validation de d’une étude sur l’état des lieux de la liberté d’expression et de manifestation au Togo. 

Ce document rendu public  par la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) avec l’appui financier et technique de la National Endowment for Democrocy (NED), a permis de faire le rapport sur l’état des lieux de la liberté d’expression et de manifestation entre 2018 et 2021 au Togo.

En effet selon la LTDH, entre 2018 et 2021 le Togo a connu une série d’élections, à savoir les législatives du 20 décembre 2018, après s’en est suivies les élections locales du 30 juin 2019 et la présidentielle du 22 février 2020. Vue que certaines de ces élections remportées par le parti au pouvoir, sont contestées par les leaders l’opposition et une partie de la population, ces dernier n’ont pas eu l’occasion de manifester leur mécontentement. Pour cause, à en croire ce rapport, le droit à la liberté d’expression et à la liberté de manifestation pacifique garantis par la constitution ont été sérieusement malmenés ces dernières années au Togo. Des restrictions déjà imposées à ces libertés ont été exacerbées par le contexte électoral.

Selon Me Célestin Kokou Agbogan, président de la LTDH, ce rapport fait état des multiples violations des droits de l’Homme, de la liberté d’expression et de manifestation ces dernières années au Togo.

“En août 2019, nous avons connu de fortes restrictions aux manifestations publiques. Les réunions ou les manifestations pacifiques sur les voies publiques et dans les lieux publics ne peuvent se tenir avant 11 heures et au delà de 18 heures. Une nouvelle loi qui restreint sévèrement les lieux publics où peuvent être organisées les manifestations. Nous en sommes là quand à la CNAP, les acteurs politiques ont pu contribuer à une amélioration de la liberté de manifestation en faisant des propositions ayant abouti à une nouvelle modification de la loi,” a laissé entendre Me Célestin Agbogan, président de la LTDH.

Avant de poursuivre que “malheureusement cette loi qui n’est pour nous qu’un trompe œil est loin de faire progresser cette liberté publique. La LTDH veut jouer sa partition en recommandant cette étude. Le rapport proposé par une équipe d’expert fait objet de validation suite à une enquête et étude approfondie sur le sujet”.

Les journalistes pour des raisons de sécurité, en viennent à s’autocensurer d’autant plus que l’organe destiné à promouvoir et protéger la liberté d’expression, la Haute Autorité de l’Audivisuel et de la Communication (HAAC), s’est érigé en outil de répression de la liberté de presse à travers des suspensions et les fermetures des médias qui déplaisent au pouvoir de Lomé.

“Le code de la presse sert plus à grand-chose car en lieu et place de ce code, c’est plutôt le code pénal qui est appliqué aux journalistes juste pour pouvoir les jeter en prison”, a affirmé le président de la LTDH, Me Agbogan.

Toute porte à croire selon ce rapport que le pouvoir de Lomé a instrumentalisé la pandémie pour conforter sa politique opposée à toute manifestation publique.

Rédigé en 45 jours par le professeur Ayayi Togoata APEDO-AMAH, M. Aimé ADI, M. Daniel LAWSON-DRAKEY et M. Koessan Mawussé ETIM, ce rapport qui a fait objet de validation ce vendredi à Lomé à travers ce forum s’inscrit dans le cadre “Projet de promotion des libertés d’expression et de manifestation en vue de l’instauration d’une véritable base démocratique au Togo”.

Désiré KOSSI

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