Par René DOKOU, le 12 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dimanche 11 mai percevoir les premiers signes d’un changement d’attitude du Kremlin. Selon lui, la Russie « commence enfin à envisager de mettre fin à la guerre », mais il prévient qu’un cessez-le-feu complet est une condition préalable indispensable à toute négociation.
Cette déclaration intervient au lendemain d’un ultimatum inédit de l’Union européenne et de ses alliés à Moscou, exigeant un cessez-le-feu de 30 jours à compter du 12 mai. En cas de refus, la Russie s’expose à une nouvelle vague de « sanctions massives ». Dans une rare unité transatlantique, les Européens et les États-Unis se sont engagés à assurer la surveillance du cessez-le-feu, si la trêve est acceptée.
Poutine propose des négociations, sans cessez-le-feu préalable
En réponse, Vladimir Poutine a préféré une autre voie. Lors d’une allocution à Moscou après des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants, il a rejeté les « ultimatums » européens. Le président russe a proposé une reprise immédiate des négociations à Istanbul le 15 mai, sans imposer de conditions préalables.
Poutine a toutefois rejeté l’idée d’un cessez-le-feu unilatéral, arguant de 5 000 violations des trêves précédentes par l’Ukraine. Il a souligné que les discussions devraient porter sur les « causes profondes du conflit » et que seule une trêve véritablement respectée des deux côtés pourrait poser les bases d’une paix durable.
Réactions divisées sur la scène internationale
Le président français Emmanuel Macron a rejeté la proposition de Moscou, la qualifiant « d’insuffisante » : « On ne négocie pas quand les armes parlent. Il faut un cessez-le-feu maintenant pour que des discussions s’engagent », a-t-il affirmé. Une position partagée par les dirigeants allemands, britanniques et polonais, venus soutenir Zelensky à Kiev.
De son côté, Donald Trump, revenu à la Maison Blanche en janvier, a exprimé une position divergente. Il a appelé Kiev à accepter la proposition russe sans attendre de cessez-le-feu, arguant que cela permettrait de vérifier la volonté réelle de paix de Moscou. Une position qui alimente les craintes européennes d’un éventuel accord russo-américain conclu sans les alliés ukrainiens.
La Turquie, médiateur volontaire
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est immédiatement proposé pour accueillir ces discussions à Istanbul. Pour Ankara, qui avait déjà joué un rôle clé dans les premières négociations et dans l’accord sur les céréales, il s’agit d’une opportunité diplomatique majeure. Erdogan évoque un possible « tournant historique » et espère replacer la Turquie au centre du jeu diplomatique international.
Méfiance à Kiev, incertitude sur le terrain
Malgré ces efforts diplomatiques, la situation reste tendue. Dans la nuit du 10 au 11 mai, Kiev a été visée par une centaine de drones russes. La population ukrainienne, marquée par des années de guerre et de trêves violées, reste profondément méfiante. « Il n’y a aucune confiance, aucune foi que tout arrive comme ils le disent », témoigne Tetiana, une habitante de la capitale.
La Russie occupe toujours environ 20 % du territoire ukrainien, et les combats se poursuivent sur plusieurs fronts. L’appel à un cessez-le-feu semble, pour l’instant, suspendu à un jeu complexe d’alliances diplomatiques et de rapports de force militaires.
Un espoir fragile
Alors que les Ukrainiens affirment leur volonté de négocier uniquement après un cessez-le-feu, la Russie insiste sur une reprise immédiate des pourparlers. Entre pressions diplomatiques, enjeux géopolitiques et réalités militaires, le chemin vers une paix durable semble encore long et semé d’embûches.
















