Togo : urgence sanitaire autour des repas scolaires emballés dans des sachets plastiques

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Par René DOKOU, le 10 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, une pratique banale, devenue presque routinière dans de nombreux établissements scolaires, est aujourd’hui pointée du doigt pour ses graves conséquences sanitaires : l’emballage de nourritures chaudes dans des sachets plastiques non biodégradables. Face à cette situation préoccupante, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à agir sans délai pour protéger la santé des élèves.

Depuis plusieurs mois, les constats s’accumulent. Aux abords et à l’intérieur des écoles, les scènes se répètent : bouillies brûlantes, riz chaud, pâtes et autres mets sont versés directement dans des sachets plastiques fins, destinés à être transportés puis consommés par les élèves. Ce geste anodin, devenu une habitude pour de nombreuses revendeuses, cache pourtant un risque majeur. Les plastiques utilisés-souvent de basse qualité et non conçus pour un contact alimentaire à haute température libèrent, lorsqu’ils sont chauffés, des substances chimiques toxiques. Certaines d’entre elles sont reconnues comme perturbateurs endocriniens, d’autres comme cancérogènes avérés ou suspectés.

Pour le MMLK, le constat est alarmant. L’organisation, connue pour ses prises de position en faveur des droits humains et de la protection des populations vulnérables, exprime sa consternation face à l’ampleur du phénomène.

Selon son porte-parole, cette pratique s’est “généralisée dangereusement sur tout le territoire”, sans qu’aucune mesure de régulation ou de sensibilisation n’ait été engagée de manière efficace. Le mouvement se demande comment une telle situation peut encore être tolérée alors que les risques sanitaires sont largement documentés et connus des autorités sanitaires.

La question de la sécurité alimentaire en milieu scolaire n’est pourtant pas nouvelle. Depuis plusieurs années, des organisations de la société civile alertent sur la qualité des repas vendus aux élèves, souvent préparés dans des conditions hygiéniques discutables. Le MMLK ajoute désormais une dimension supplémentaire à ces inquiétudes : celle des contenants utilisés. Le problème n’est donc pas seulement dans ce que les enfants consomment, mais aussi dans la manière dont leur nourriture est emballée, transportée et servie.

L’organisation appelle les autorités togolaises à mettre fin immédiatement à cette pratique, qu’elle qualifie de “menace silencieuse pour la santé des élèves”. Elle plaide pour l’établissement de règles strictes concernant les contenants alimentaires autorisés dans les écoles, ainsi que pour la promotion de solutions alternatives : bols réutilisables, contenants biodégradables, gobelets en matériaux naturels ou encore distribution dans des assiettes sur place. Pour le mouvement, il s’agit non seulement d’une question de santé publique, mais aussi d’une responsabilité morale envers les générations futures.

Parallèlement, le MMLK annonce son intention de renforcer ses campagnes de sensibilisation. Celles-ci viseront autant les élèves que les parents, les enseignants, les revendeuses et les autorités locales. L’objectif : faire comprendre l’impact réel de ces pratiques et encourager un changement durable des comportements. L’organisation rappelle également que la protection de l’environnement passe par la réduction de l’usage des plastiques à usage unique, un engagement que le pays ne peut ignorer à l’heure où la pollution plastique constitue un défi majeur à l’échelle mondiale.

Le mouvement interpelle enfin les services publics compétents, notamment ceux chargés de la sécurité sanitaire des aliments, afin qu’ils s’investissent davantage dans le contrôle des repas vendus dans les établissements. Pour lui, la surveillance ne peut se limiter à la qualité des denrées : elle doit aussi englober les conditions de préparation, de conservation et d’emballage.

En conclusion, le MMLK rappelle que la santé des élèves est un bien essentiel, non négociable, que l’État doit garantir. Il espère que son appel sera entendu et qu’il ouvrira la voie à des mesures concrètes, capables d’éliminer une pratique dangereuse installée dans les habitudes. Car derrière chaque sachet de plastique rempli de nourriture chaude, c’est un risque évitable qui pèse sur la santé de milliers d’enfants à travers le pays.

Fait à Lomé, le 7 décembre 2025
MMLK- La voix des sans voix

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