Par René DOKOU, le 04 Juin 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le ministère togolais chargé de l’Énergie a lancé, mardi 3 juin 2025, une vaste enquête d’évaluation des risques liés aux marchés publics concurrentiels dans le domaine de l’énergie solaire photovoltaïque. Cette initiative stratégique s’inscrit dans le cadre des préparatifs du gouvernement pour le déploiement de 400 mégawatts (MW) de nouvelles capacités solaires dans le pays.
L’enquête, rendue publique via les canaux officiels du ministère, vise à recueillir les avis des principaux acteurs du secteur — investisseurs, développeurs, prêteurs et autres parties prenantes — afin d’identifier les obstacles potentiels à la mise en œuvre de projets solaires à grande échelle. Elle couvre un large éventail de risques perçus, notamment politiques, économiques, réglementaires, financiers et technologiques.
« Votre expertise compte ! Vos réponses serviront directement à améliorer la conception des futurs appels d’offres dans le cadre du Pacte National de l’Énergie. Votre participation est précieuse », a déclaré le ministère sur son compte X (anciennement Twitter), soulignant l’importance de la contribution du secteur privé.
L’ambition affichée est claire : faire de cette consultation un outil de référence pour mieux structurer les futurs appels d’offres et garantir une meilleure bancabilité des projets solaires. Le Togo veut s’assurer que les initiatives dans le domaine des énergies renouvelables attirent des partenaires solides, capables de financer et de mettre en œuvre les installations solaires dans des conditions viables et pérennes.
Le projet des 400 MW s’inscrit dans une dynamique plus large, celle de l’accès universel à l’électricité d’ici à 2030, un engagement central du gouvernement togolais. Aujourd’hui encore, bien que des progrès significatifs aient été réalisés ces dernières années, une part non négligeable de la population vit sans accès fiable à l’électricité. L’essor du solaire est perçu comme un levier déterminant pour combler cet écart, en particulier dans les zones rurales.
Ce projet d’envergure sera conduit en collaboration avec RELP (Renewable Energy and Local Projects), une association spécialisée dans la mise en œuvre de projets d’énergies renouvelables. Un accord de partenariat a été signé avec RELP en décembre 2024. Il porte notamment sur le renforcement des capacités de stockage d’énergie à travers l’extension des systèmes de stockage par batteries (Battery Energy Storage Systems – BESS).
Ces systèmes, qui permettent de stocker l’énergie solaire excédentaire produite durant la journée pour la réinjecter dans le réseau en soirée ou en période de forte demande, sont essentiels pour garantir la stabilité et la fiabilité du réseau électrique national. Ils constituent également un maillon stratégique pour maximiser l’impact des installations solaires, en assurant une continuité d’alimentation même en l’absence d’ensoleillement.
Avec cette enquête, le Togo amorce donc une phase de concertation ouverte et transparente, dans le but de bâtir un cadre d’investissement mieux adapté aux exigences du secteur énergétique moderne. Le pays espère attirer un large éventail de partenaires techniques et financiers, tout en consolidant sa souveraineté énergétique.
Ce projet pourrait aussi positionner le Togo comme un leader régional en matière de transition énergétique, à condition de réussir à combiner ambition politique, ingénierie financière et rigueur réglementaire. Les mois à venir seront donc décisifs pour transformer cette volonté politique en résultats concrets sur le terrain.
















