Togo : l’agriculture au centre de la souveraineté économique

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Par René DOKOU, le 29 Juin 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’agriculture reste la colonne vertébrale de l’économie togolaise. Elle contribue à près de 40 % du produit intérieur brut et mobilise entre 65 % et 70 % de la population active. Au‑delà de son poids économique, elle assure environ 90 % des besoins alimentaires du pays, garantissant ainsi une sécurité alimentaire largement fondée sur la production locale. Ce rôle vital confère au secteur une place incontournable dans les politiques publiques.

Des terres à fort potentiel mais peu sécurisées

Le Togo dispose d’un capital foncier estimé à 3,6 millions d’hectares, soit près de 60 % du territoire national. Ce potentiel constitue une base solide pour l’expansion des cultures et la modernisation du secteur. Pourtant, l’absence de titres fonciers reste un frein majeur : près de 85 % des ménages agricoles recensés en 2025 exploitent des terres sans garantie formelle. Cette insécurité limite les investissements et ralentit la transformation des exploitations.

Cultures vivrières, socle de la sécurité alimentaire

Les productions vivrières dominent le paysage agricole. Maïs, manioc, igname, sorgho et riz constituent les denrées essentielles des ménages et stabilisent les marchés intérieurs. Leur importance dépasse la simple consommation : elles représentent un facteur de résilience face aux crises et un levier de cohésion sociale dans les zones rurales.

Les filières de rente, moteur des exportations

Sur le plan international, le coton, le café et le cacao demeurent les principales cultures de rente. Le coton, en particulier, reste la première source d’exportation agricole et un revenu vital pour des milliers de producteurs. Toutefois, ces filières stratégiques sont confrontées à des défis persistants : faible transformation locale, volatilité des prix mondiaux et nécessité de renforcer les chaînes de valeur pour capter davantage de richesse sur le territoire.

Une vision de rupture portée par le Budget citoyen

Le Budget citoyen 2026 traduit une volonté claire de transformation. L’objectif n’est plus seulement de produire, mais de produire mieux, de manière durable et compétitive. Le gouvernement entend faire de l’agriculture un secteur à haute valeur ajoutée, moteur de croissance et de prospérité partagée. Cette orientation marque une rupture avec les limites structurelles du passé : faible productivité, dépendance aux aléas climatiques et difficultés d’accès aux intrants et financements.

Programmes pour une agriculture résiliente

Parmi les initiatives phares figure le Programme de transformation durable de l’agriculture. Mis en œuvre en 2026, il vise à accroître la productivité, renforcer la résilience face aux chocs climatiques et économiques, et favoriser l’inclusion sociale par la création d’emplois. Ce programme illustre la volonté de bâtir des systèmes agricoles modernes, capables de soutenir la souveraineté alimentaire et de contribuer à la croissance nationale.

Investissements et modernisation des pratiques

La stratégie gouvernementale repose sur plusieurs leviers : intensification de la transformation locale, amélioration de l’accès au foncier sécurisé, diffusion d’équipements modernes et renforcement des investissements. L’ambition est de faire émerger une agriculture compétitive, intégrée aux dynamiques de croissance et capable de soutenir durablement les producteurs.

Une agriculture au service de la souveraineté économique

Au cœur des priorités économiques, l’agriculture est appelée à devenir un véritable moteur de souveraineté. En stimulant les investissements et en consolidant la gestion macroéconomique, le gouvernement entend dynamiser les secteurs productifs et réduire la dépendance extérieure. L’agriculture, par son poids et son potentiel, apparaît comme le socle de cette stratégie.

Vers une prospérité partagée

La transformation agricole ne se limite pas à l’amélioration des rendements. Elle vise à créer des emplois décents, renforcer l’inclusion sociale et offrir aux producteurs des perspectives de prospérité durable. En intégrant davantage les acteurs ruraux dans les dynamiques de croissance, le Togo ambitionne de bâtir une économie plus résiliente et plus équitable.

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