Par René DOKOU, le 1er Juillet 2026
(IMPARTIAL ACTU)-La 13ᵉ édition du Festival All Star Battle International s’est achevée le samedi 27 juin au Magic Mirrors de l’Institut français du Togo. Portée par l’association No Limit Crew, cette rencontre a offert une apothéose qui a consacré le Congo et le Bénin.
Un final éclatant au Magic Mirrors
L’événement a confirmé Lomé comme un carrefour chorégraphique majeur, traversé par une énergie créative rare et une intensité artistique qui a marqué les esprits.
Une plateforme devenue incontournable
Au fil des années, l’ASBI s’est imposé comme un rendez-vous majeur pour les acteurs du mouvement. Danseurs, chorégraphes, programmateurs et directeurs de festivals se sont retrouvés à Lomé, venus du Congo, de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana, du Burkina Faso et d’Europe. Tous ont salué la qualité des performances et la rigueur de l’organisation. No Limit Crew a transformé le Togo en centre névralgique du breaking, un espace où se croisent trajectoires et ambitions d’une génération déterminée à inscrire son art dans une dynamique professionnelle durable.
Des battles au sommet
Les compétitions ont constitué le cœur du festival et ont offert un spectacle de haut niveau.
Battle 2 contre 2 : le Congo s’est imposé grâce au duo Winner Africa, composé de Sao Jephte et Vicky Victor le Rocky, vainqueur face à la Côte d’Ivoire représentée par Bboy Delkrim et Danky. Leur précision technique et leur créativité ont conquis le public.
Battle féminin : le Bénin a brillé avec deux finalistes, Assibavi et Sandrine. Dans une confrontation intense, Assibavi s’est imposée, confirmant la montée en puissance des danseuses africaines.
Ces victoires illustrent la maturité artistique et la discipline des danseurs africains, dont le niveau ne cesse de croître.
Un festival élargi aux formations et aux échanges
Au-delà des compétitions, l’ASBI a proposé une programmation riche et variée.
Ateliers de formation destinés aux jeunes danseurs.
Sessions de transmission animées par des chorégraphes internationaux.
Rencontres professionnelles entre programmateurs et artistes.
Conférences sur les modèles économiques du breaking.
Performances hybrides mêlant danse contemporaine et improvisation.
Laboratoires de création favorisant les collaborations transnationales.
Et enfin l’événement phare Pulse Africa, véritable pont entre création et diffusion.
Cette diversité confirme la volonté de faire du festival un espace de structuration du secteur chorégraphique africain.
La vision d’Alexandre Iséli
Parmi les voix marquantes, celle d’Alexandre Iséli, directeur de festival européen, a apporté un éclairage précieux. Il a souligné la force du désir qui anime les jeunes danseurs, moteur essentiel de leur engagement. Mais il a rappelé que cette énergie doit s’accompagner d’investissements et de structuration. Selon lui, la formation, les espaces, les réseaux, les financements et les infrastructures doivent être consolidés pour bâtir un écosystème durable. Ses propos rejoignent la vision de No Limit Crew, engagée dans la construction d’un cadre solide pour le breaking africain.
Un levier de transformation culturelle
Cette 13ᵉ édition confirme que l’ASBI dépasse le cadre artistique. Il devient un moteur de structuration culturelle, un espace de circulation des savoirs et un pont entre scènes africaines et internationales. Les acteurs présents parlent de fierté, de professionnalisation croissante et de renforcement des réseaux. Le Togo s’affirme comme hub régional du breaking et comme territoire d’avenir pour la danse urbaine.
Perspectives
En refermant le rideau sur cette édition, une certitude demeure. Le breaking africain est en pleine ascension, porté par des artistes talentueux, des initiatives visionnaires et une énergie collective qui ne demande qu’à être accompagnée. Grâce à No Limit Crew, le Togo s’impose comme un espace où se dessinent les contours d’une scène chorégraphique ambitieuse, inventive et résolument tournée vers le monde.
















