Par René DOKOU, le 08 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Aného, Atakpamé, Kpalimé, Kara, Sokodé et Dapaong vivent depuis plusieurs mois au rythme des bulldozers, des bobines de câbles et des équipes techniques mobilisées jour et nuit. Une effervescence qui ne doit rien au hasard : ces six localités figurent au cœur d’un vaste programme de modernisation énergétique, l’un des projets les plus structurants engagés récemment par le Togo.
Son ambition est simple, mais déterminante : remettre à niveau des réseaux vieillissants et soutenir durablement la croissance économique, démographique et industrielle.
Sous l’impulsion du gouvernement, les travaux menés en simultané dans ces villes s’attaquent à la colonne vertébrale du système électrique. Au total, 61 kilomètres de lignes moyenne tension sont en cours de réhabilitation, assortis de l’installation d’un nombre équivalent de postes de transformation. En parallèle, 234 kilomètres de lignes basse tension sont déployés pour améliorer la distribution jusque dans les quartiers les plus reculés. Une montée en gamme attendue, tant les réseaux existants peinaient à suivre l’évolution de la demande. Les baisses de tension fréquentes, les microcoupures et les interruptions prolongées s’invitaient trop souvent dans le quotidien des populations et dans les activités des petites entreprises.
Pour de nombreux ménages désormais équipés en électroménager ou pour des artisans dont la productivité dépend du courant, ces dysfonctionnements n’étaient plus soutenables. Avec cette modernisation, la donne doit changer : courant stabilisé, moins d’interruptions, meilleure qualité de service. À terme, près de 10 000 ménages et petites entreprises seront raccordés, ouvrant la voie à de nouvelles initiatives économiques locales. L’électricité devient, encore plus qu’hier, un moteur de développement.
Financé à hauteur de 6 milliards de francs CFA par la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC), ce programme s’inscrit dans la stratégie nationale d’accès universel à l’électricité d’ici 2030. À travers cette feuille de route, le gouvernement vise notamment un taux de couverture de 75 % à la fin de cette année. L’enjeu n’est pas seulement d’étendre le réseau, mais de rendre l’infrastructure existante plus performante, plus sûre et plus durable.
Ce rattrapage indispensable sur les réseaux de distribution s’accompagne d’un effort tout aussi soutenu sur les axes de transport de l’électricité. Les lignes haute tension, qui assurent l’acheminement du courant sur de longues distances, montent elles aussi en puissance. La construction de 250 kilomètres de lignes 161 kV reliant Davié, Notsè, Kpalimé et Atakpamé marque une étape cruciale. Ce corridor énergétique, pensé pour désengorger des infrastructures souvent saturées, permettra également d’anticiper l’augmentation continue de la demande.
Pour épauler ce dispositif, de nouveaux postes sources voient le jour à Notsè et Kpalimé, tandis que ceux d’Atakpamé et de Davié sont renforcés. Plus qu’un simple chantier technique, il s’agit de poser les bases d’une interconnexion plus fluide entre les centres de production et les pôles de consommation.
La décision de relocaliser la ligne haute tension 161 kV Momé Hagou–Adjarala, jusque-là partiellement installée au Bénin, illustre une volonté politique : celle de consolider la souveraineté énergétique nationale. Rapatrier ces infrastructures stratégiques permet de sécuriser l’acheminement du courant et de réduire la dépendance vis-à-vis d’installations hors frontières.
Dans les mois à venir, ces chantiers simultanés feront émerger un réseau plus robuste, mieux dimensionné et plus résilient. Pour les habitants comme pour les entrepreneurs, c’est la promesse d’un quotidien où la lumière ne vacille plus. Pour le pays, un pas supplémentaire vers un modèle énergétique fiable, moderne et tourné vers l’avenir un avenir où l’électricité ne se contente pas d’alimenter les foyers, mais éclaire durablement le chemin du progrès
















