Par René DOKOU, le 28 Juillet 2028
(IMPARTIAL ACTU)- La capitale togolaise est depuis lundi 27 juillet 2026, le théâtre d’une table ronde de haut niveau consacrée au financement de la santé en Afrique francophone. Co-organisée par l’Organisation Ouest-africaine de la Santé (OOAS), l’Union Africaine et le Fonds Mondial, cette rencontre a réuni mardi parlementaires, représentants des ministères de la Santé et des Finances, experts, partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile. L’objectif affiché : renforcer la gouvernance et consolider les mécanismes de financement de la santé dans un contexte marqué par la baisse de l’aide extérieure.
Les parlementaires au cœur du débat
La session dédiée aux élus et aux acteurs civils, animée par Hugues Tchibozo, responsable du financement de la santé à l’OOAS, a mis en lumière le rôle central des parlementaires dans la mobilisation des ressources.
L’Honorable Senou Soklingbé, membre du Parlement de la CEDEAO et du Comité de pilotage des Appuis Pays de l’OOAS, a insisté sur l’importance du plaidoyer politique et budgétaire. Selon lui, l’adoption de lois ciblées peut créer de nouvelles lignes budgétaires, même en dehors des prévisions initiales. Il a cité l’exemple de la loi sur la couverture maladie universelle, qualifiée d’outil majeur pour un financement endogène de la santé.
Dans son intervention, il a également évoqué des pistes innovantes, comme l’exploration de taxes environnementales ou énergétiques, afin de générer des ressources supplémentaires. Pour lui, « investir dans la santé, c’est investir dans la réduction de la pauvreté », rappelant que la santé demeure un pilier du développement durable.
La société civile en action
La deuxième présentation, assurée par Impact Santé Afrique à travers son conseiller technique Mérimé Chakouté, a mis en avant la contribution des organisations civiles dans l’amélioration du financement sanitaire. L’ONG a détaillé ses stratégies de plaidoyer budgétaire, axées sur la sensibilisation des gouvernements, l’influence parlementaire et la mobilisation nationale.
Selon Chakouté, la société civile joue un rôle essentiel dans la redevabilité et la transparence des politiques publiques. Elle agit comme un relais entre les populations et les décideurs, en veillant à ce que les engagements financiers soient respectés et orientés vers les besoins prioritaires. L’ONG a notamment insisté sur la nécessité d’un plaidoyer coordonné, capable d’influencer les choix budgétaires et de garantir une meilleure allocation des ressources.
Une dynamique régionale
Cette table ronde s’inscrit dans la continuité des dialogues nationaux menés au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo. Les expériences capitalisées dans ces pays montrent que la combinaison de l’engagement parlementaire et de l’action citoyenne peut produire des résultats tangibles. Les discussions ont également souligné l’importance d’une gouvernance inclusive, où les acteurs institutionnels et civils travaillent de concert pour bâtir des systèmes de santé résilients.
Les participants ont convenu que la baisse de l’aide publique au développement impose une transition ordonnée vers des financements domestiques. Cela implique une meilleure mobilisation des recettes publiques, une sanctuarisation des dépenses essentielles et une gestion budgétaire alignée sur les objectifs sanitaires.
Vers une redevabilité accrue
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’institutionnaliser l’évaluation des stratégies nationales de financement. La Matrice des progrès du financement de la santé (MPFS) a été citée comme un outil de diagnostic structuré, permettant de mesurer les avancées, d’identifier les lacunes et de renforcer le dialogue entre ministères des Finances et de la Santé.
Les parlementaires et la société civile ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le plaidoyer en faveur d’une santé mieux financée, plus équitable et durable. Les débats ont montré que la complémentarité entre action politique et mobilisation citoyenne constitue une clé pour surmonter les vulnérabilités financières et garantir l’accès universel aux soins.
















