Par René DOKOU, le 28 Juillet 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Lomé abrite depuis lundi 27 juillet 2026 une table ronde de haut niveau dédiée au financement de la santé en Afrique francophone. L’événement, coorganisé par l’Organisation Ouest-africaine de la Santé (OOAS), l’Union africaine et le Fonds mondial, se déroule dans une atmosphère à la fois chaleureuse et rigoureuse.
Les échanges mettent en lumière les défis de la gestion des finances publiques et les solutions envisagées pour améliorer l’efficacité des financements dans le secteur sanitaire.
Des acteurs multiples mobilisés
Pendant plus de deux heures, représentants des ministères de l’Économie et des Finances, experts en financement de la santé, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants de la société civile ont pris part à une session intitulée « Ce que nous disent les acteurs ». Les délégations venues du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, de la Guinée, du Sénégal et du Togo ont débattu des résultats d’un questionnaire sur la Gestion des Finances Publiques (GFP) appliquée au secteur de la santé.
Un panel sur l’alignement budgétaire
Le panel, dirigé par Dr Alexandre Guebo, conseiller du ministre de la Santé en Côte d’Ivoire, portait sur le thème « Du budget aux résultats : obstacles et solutions pour un meilleur alignement de la GFP avec les priorités de santé ». Les discussions ont révélé que la rigueur et l’éthique sont indispensables pour garantir une allocation optimale des ressources. Les panélistes ont insisté sur l’importance d’une implication collective, dépassant le seul cadre des ministères de la Santé.
Témoignages contrastés des pays participants
Un intervenant camerounais a souligné que la réussite dépend d’équipes réellement engagées dans la mise en œuvre des procédures. Selon lui, les ministères de l’Économie et de l’Éducation doivent également s’approprier les mécanismes afin d’assurer une répartition équitable des fonds.
Du côté de Djibouti, l’accent a été mis sur les décaissements. L’orateur a rappelé que tant que les fonds ne sont pas intégralement libérés, l’État continue de supporter des commissions, ce qui fragilise l’efficacité des projets.
En Côte d’Ivoire, le système budgétaire introduit en 2013 et généralisé en 2020 repose sur un cadrage macroéconomique triennal. Bien que ce dispositif permette de fixer des priorités, il crée parfois un décalage entre les besoins sanitaires et la programmation budgétaire.
Au Burkina Faso, les contraintes sont liées aux dépenses incompressibles telles que le service de la dette et les salaires. Les marges de manœuvre réduites obligent chaque ministère à définir ses priorités dans un cadre budgétaire limité, en concertation avec la direction générale du budget.
Des mécanismes de contrôle en place
Tous les pays représentés ont reconnu des similitudes dans l’exécution et le suivi budgétaire. Plusieurs dispositifs sont déjà opérationnels : contrôle interne et financier, contrôle de gestion, contrôle externe assuré par les directions générales des finances. Un système intégré de gestion (SSPGF/SINAPOL) permet de collecter les données sur l’exécution et la performance budgétaire. Toutefois, la mesure de performance n’est pas encore pleinement intégrée, ce qui limite l’efficacité du suivi.
Les défis persistants
Malgré les avancées, des difficultés subsistent dans la consommation des ressources et la mobilisation des fonds. Ces lenteurs ralentissent l’exécution des projets et compromettent l’atteinte des objectifs. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer l’efficience dans l’allocation et l’utilisation des budgets, en particulier dans le secteur de la santé, où les besoins demeurent pressants.
Une dynamique de coopération régionale
La rencontre de Lomé illustre la volonté des pays francophones d’Afrique de partager leurs expériences et de trouver des solutions communes. Les débats ont montré que, malgré des contextes économiques différents, les problématiques de gouvernance budgétaire et de financement de la santé présentent de fortes similitudes. L’échange d’expertises et la mise en commun des pratiques apparaissent comme des leviers essentiels pour améliorer la performance des systèmes de santé.
Vers une meilleure efficience budgétaire
En conclusion, les discussions ont mis en avant l’importance d’une gestion budgétaire transparente et orientée vers les résultats. Les participants ont convenu que l’efficacité des financements dépend de la capacité des États à intégrer la performance dans leurs mécanismes de suivi et à renforcer la coordination entre les différents ministères. L’objectif reste clair : garantir une allocation optimale des ressources afin de répondre aux besoins sanitaires croissants des populations africaines.
















